Bases militaires : Les grévistes du Québec résistent

2024/05/15 | Par Yvon Barrière

L’auteur est vice-président exécutif de l’AFPC-Québec

Après 117 jours de grève, tels « des villages gaulois », les grévistes des Fonds non publics aux bases militaires de Bagotville, St-Jean et Valcartier résistent contre les iniquités salariales qui perdurent depuis des années.

« L’absence d’uniformité à l’échelle nationale est tout à fait inacceptable, déplore Yvon Barrière, vice-président exécutif de l’AFPC-Québec. « Comment se fait-il qu’en se déplaçant d’une base militaire à l’autre, un même employé obtient des conditions complètement différentes? Et surtout, pourquoi c’est au Québec que les salaires sont les plus bas? ».

Relégué au rang de fonctionnaires de deuxième classe depuis l’application du décret de 1982, le personnel des Fonds non publics du Québec est historiquement à majorité féminine et s’est constamment vu offrir des conditions inférieures à celles de ses homologues partout dans le reste du pays.

« On le constate, les coupes en défense sont ressenties partout, sur le terrain, et les travailleurs des Fonds non publics en font aussi les frais. Eux qui se dévouent corps et âme pour assurer des services de qualité aux membres des Forces armées, ils sont pourtant relégués à un rôle de travailleurs de seconde classe par le gouvernement », décrie Christine Normandin, leader adjointe du Bloc Québécois et porte-parole en matière de Défense. « Alors qu’on connaît des problèmes de recrutement et de rétention dans l’armée, il est d’autant plus impératif de soutenir ceux et celles qui soutiennent les militaires au quotidien. »

Simplement au niveau monétaire, les exemples sont éloquents :

Les grévistes considèrent qu’ils méritent le respect et des conditions égales à celles de leurs homologues de partout au pays. Ultimement, ils souhaitent que tous les membres du personnel des FNP soient reconnus comme des fonctionnaires fédéraux à part entière.

« Les membres qui ont rejeté le protocole d’entente sont carrément sous-payés par rapport à leurs collègues qui font exactement le même travail dans d’autres provinces et ailleurs au gouvernement fédéral », déclare June Winger, présidente nationale de l’UEDN. « Ce qu’ils veulent, ce sont des salaires équitables, et on va les aider à les obtenir. »

Rappelons que tout récemment, les 300 civils des bases militaires de Kingston, Ottawa et Petawawa ont ratifié un protocole d’entente avec l’employeur tandis que ceux des bases militaires de Bagotville, Montréal−Saint-Jean et Valcartier l’ont rejeté à 80 % des voix. La grève, qui en est à son 117e jour, se poursuit donc pour ces travailleuses et travailleurs dévoués et forts de leurs convictions.

Les travailleuses et travailleurs des Fonds non publics (FNP) des Forces canadiennes fournissent des services indispensables sur les bases militaires. Ils ne relèvent toutefois pas du Conseil du Trésor ni directement de la Défense nationale, mais des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes (SBMFC), un organisme qui utilise des fonds publics et non publics. Les SBMFC mènent des activités au nom du Chef d’état-major de la défense, sous l’autorité du ministre de la Défense nationale.

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