La République du Québec doit reposer sur une alliance entre douze nations : la nation québécoise et les onze nations autochtones reconnues par l’Assemblée nationale. La nation canadienne actuellement représentée au Québec n’en fera plus partie. Les minorités, anglophone ou autres, ne sont pas des nations. Les régions ne sont pas des nations. Les seules parties au pacte fondamental qui fondera la République du Québec seront les douze nations. Ce pacte ou traité fondamental devra faire partie de la Constitution de la république. Il sera un élément central de l’identité du Québec.

Pour des raisons pratiques et politiques, il ne sera probablement pas possible de conclure ce pacte avec l’ensemble des nations autochtones avant le passage à la souveraineté. Le gouvernement du Québec devrait le négocier avec les nations qui désirent le faire à ce moment, et annoncer son engagement à rechercher l’appui des autres après le passage à la souveraineté. Il sera probablement plus facile d’obtenir l’accord des nations autochtones francophones. Un gouvernement souverainiste devrait se donner pour objectif impératif de conclure un pacte avec au moins ces dernières avant le passage à la souveraineté. Il est espéré qu’un accord avec les nations francophones aura un effet d’entrainement sur les nations anglophones.

Un accord préalable avec les Innus en particulier, la nation francophone la plus importante, tant par le nombre que par sa situation géographique et ses droits sur les ressources naturelles, de même que par sa contribution majeure à la culture québécoise, devrait être considéré comme étant indispensable. Les Innus devraient se regrouper dans une structure nationale intégrée de leur choix pour négocier.

Les douze nations du Québec détiennent chacune un droit à l’autodétermination. Celui des onze nations autochtones est garanti par le nouveau droit international issu de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones de 2007. Le Canada a adhéré inconditionnellement à cette déclaration sans crainte pour l’intégrité de son territoire; il doit en être de même pour la République du Québec. Chacun de ces droits à l’autodétermination est incessible, ce qui signifie qu’il ne peut être cédé. Le pacte fondamental aura pour but d’accorder entre eux ces droits à l’autodétermination et de favoriser leur coexistence.

Dans son état actuel, le droit international n’exige pas le consentement des nations autochtones au passage à la souveraineté et à la fondation de la République du Québec. Le droit international est toutefois en évolution rapide depuis un siècle sur ces questions. Nul ne sait où le conduira son évolution. Le consentement autochtone à la fondation de la République du Québec est hautement souhaitable pour des raisons morales et politiques. Il facilitera la reconnaissance de la République du Québec, particulièrement en Amérique latine, dont plusieurs États ont une vision positive du nouveau droit international autochtone.

Dans le pacte fondamental, la nation québécoise devra reconnaitre sa responsabilité historique envers les nations autochtones et s’engager à soutenir leur développement. Elle devra également reconnaitre leur apport essentiel à l’identité du Québec.