Le REM est gratuit cette semaine. Les usagers réguliers qui ont déjà payé leur passe mensuelle doivent l'avaler de travers celle-là. Comme s'ils n'en avaient pas déjà assez de subir les multiples pannes, voilà que CPDQ Infra se paie une campagne de marketing cheap sur leur dos. Un chausson avec ça?
Les problèmes du REM sont tout sauf imprévisibles. Ils sont le résultat d'un mélange des genres. On ne peut servir deux maîtres en même temps : soit c’est le rendement financier, soit c’est le bien commun. Dans le cas du REM, le beau service de transport en commun électrifié sert depuis le début à masquer une gigantesque mécanique de transfert d'argent de la population vers le secteur financier.
Quelques données de base bien connues permettent de camper le décor: CPDQ infra à un contrat de 99 ans avec le gouvernement qui fera qu'à son échéance, nous aurons payé trois fois le prix de cette infrastructure. Pendant toute cette période, le gouvernement garantit un rendement de 8 à 9% par année. Pour favoriser un tel rendement, le REM a cannibalisé la ligne de train de banlieue la plus rentable.
Oublions l'argument à l’effet que le REM permet d'enrichir notre bas de laine. Particulièrement depuis le passage de Michael Sabia, les investissements de la Caisse sont très majoritairement à l’étranger. Depuis longtemps, la vocation de la Caisse à soutenir l'économie québécoise n'est qu'un vague souvenir. Imaginez, la Caisse est actionnaire à 17% d’Alstom qui elle, a choisi de faire construire les wagons du REM… en Inde.
Il faut le dire haut et fort, le REM est d'abord et avant tout une machine à faire du fric. À cet égard, il a fait des p’tits puisqu’après l'avoir conçu, Michael Sabia est allé contribuer à la création de la Banque de l'infrastructure du Canada (BIC) qui permet à des grands fonds d'investissement tels Black Rock de financer des infrastructures publiques avec à la clé… un rendement annuel garanti de 8%.
Aujourd'hui, Michael Sabia est à la tête d'Hydro-Québec. Depuis son arrivée, on voit se multiplier les grands projets de parc éolien qui, pour se donner un vernis d’acceptabilité sociale, s'associent à des communautés autochtones et des MRC. Ces entités ont des budgets annuels de quelques millions $ et embarquent dans des projets qui pour certains, dépassent le milliard $ d'investissement.
Qui donc les financera? Poser la question c’est y répondre. Michael Sabia a pensé à tout. Nous sommes à l'ère des services publics servant de vache à lait à la haute finance. Les usagers du REM en paient actuellement le gros prix. Le problème, ce n'est pas de faire des erreurs, c’est de les répéter!
