Tout récemment, nous apprenions que la MRC Maria Chapdelaine était condamnée par la Cour supérieur du Québec à rembourser 1,6 millions $ de taxes (incluant les intérêts) à Rio Tinto, qui se croyait lésée. Quelques jours plus tard, nous apprenions dans un article du Devoir du 15 mars 2025, que les alumineries canadiennes ont empoché des milliards $ grâce aux tarifs américains imposés dans les dernières années. On y explique, que lorsque l’aluminium produit au Canada est vendu aux États-Unis c’est le gouvernement américain qui reçoit la surtaxe de 25 %. Mais, si l’aluminium est vendu au Canada, ce sont les compagnies comme Rio Tinto qui perçoivent la surtaxe. Le prix de l’aluminium provient de l’addition de la prime du Midwest établi au États-Unis et du prix fixé par le London Metal Exchange à Londres.
Selon l’article en question, les surtaxes, alliées à ce que l’on appelle la prime du Midwest, quelle que soit la destination de l’aluminium, auraient permis aux alumineries canadiennes d’empocher environ 4 milliards de dollars entre 2020 et 2025.
Selon Marc-Urbain Proulx, professeur d’économie à l’UQAC, un transformateur qui s’installerait à côté d’une de nos usines au Saguenay-Lac-Saint-Jean, payera le même prix que le transformateur de Détroit ou Dallas. C’est ainsi qu’on refile une facture surtaxée à des gros clients comme Hydro-Québec, qui achète beaucoup de fils d’aluminium.
Pendant que Rio Tinto, refuse d’indexer adéquatement la pension de ses retraités, refuse de prendre ses responsabilités dans l’érosion des berges, notamment à la Pointe Langevin, qu’elle a diminué drastiquement le nombre de ses employés de 10 000 à 2 700, et qu’elle a sabré massivement dans les sous-contrat régionaux, entraînant un manque à gagner d’environ 1 milliard $ par année, elle se sent maltraitée. Si l’on ajoute à cela le maintien de vieilles installations industrielles qui dépassent largement les normes environnementales, avec la bénédiction du ministère de l’Environnement, ça fait dur.
Et voilà que la compagnie traîne en cours une MRC qui a très peu de retombées économiques directes ou indirectes, alors qu’elle fournit d’immenses ressources naturelles. Selon Denis Trottier, porte-parole du mouvement Onésime-Tremblay : « Ça dépasse l’entendement. Ma mère aurait dit que : ça prend du front tout le tour de la tête. »
Il poursuit en disant : « On ne peut plus continuer d’endurer un tel mépris envers la communauté d’accueil de Rio Tinto. Il faut se tenir debout comme l’a fait Onésime Tremblay, le chef des cultivateurs qui se sont faits exproprier leurs terres pour des « peanuts » en 1926, avec la complicité du gouvernement. »
Il y aura bientôt 100 ans que la Tragédie du Lac-Saint-Jean a eu lieu, lors du relèvement des eaux du lac Saint-Jean, par la compagnie Alcan, devenue Rio Tinto en 2007.
Il est plus que temps d’avoir un nouveau contrat social avec la compagnie Rio Tinto et le gouvernement du Québec, qui soit plus juste, plus équitable et plus écologique. « Si tel n’est pas le cas, c’est la nationalisation régionalisée de nos ressources naturelles, qu’on devra exiger » a conclu le porte-parole.

