Nadia El-Mabrouk est la lauréate du prix de la laïcité Guy-Rocher 2025 décerné par le gouvernement du Québec. Il s’agit d’un honneur grandement mérité.
Comme le disait si bien Guy Rocher, en 2019 :
« Ce qui me frappe en lisant Nadia El-Mabrouk, c’est que ma démarche en faveur de la laïcité s’inscrit dans ma réaction au cléricalisme catholique. Celle de Nadia El-Mabrouk est inspirée par son expérience de l’intégrisme islamique. Suivant des chemins différents, nos convictions en faveur d’une authentique laïcité se rejoignent. On comprendra que j’ai trouvé grand intérêt à la lire, et que je recommande fortement ce recueil de textes, particulièrement aux jeunes générations. »
Féministe universaliste originaire de Tunisie et professeur d’informatique à l’Université de Montréal, Nadia El-Mabrouk a débuté son implication à l’égard de la défense de la laïcité lors des débats entourant la Charte des valeurs du gouvernement Marois. Elle s’est d’abord investie, pour ce faire, auprès de l’organisme Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec).
À l’automne 2018, Nadia participe à une campagne d’appui à la laïcité de l’État qui met de l’avant ses avantages pour l’égalité entre les femmes et les hommes, et aussi pour la protection de la liberté de conscience des parents et de leurs enfants dans le milieu scolaire. Seize vignettes-témoignages en faveur de la laïcité (incluant celle de Nadia) sont produites et largement diffusées.
Nadia utilise également sa tribune à La Presse pour présenter des chroniques sur la laïcité, l’égalité entre les sexes, le vivre-ensemble, etc. Ses chroniques inspirantes seront regroupées dans un recueil publié à l’automne 2019.
La Loi sur la laïcité de l’État (Loi 21)
Accompagnée de Leila Bensalem, Nadia appuie le projet de loi 21, Loi sur la laïcité de l’État en Commission parlementaire. Pour elles, la laïcité est indispensable pour protéger la liberté de conscience des citoyens contre l’intégrisme religieux.
En décembre 2020, Nadia témoigne à la Cour supérieure en défense de la Loi 21, puis devient membre active du Rassemblement pour la laïcité, organisme qu’elle préside depuis 2023.
Malgré son aspect minimaliste quant aux exigences de neutralité religieuse, malgré le fait que les autres lois ne soient pas assujetties aux principes énoncés dans la Loi 21, malgré qu’elle ne s’accompagne pas d’exigences scolaires en matière de laïcité, Nadia considère que cette loi représente quand même un jalon important pour la laïcité au Québec. Et elle continue inlassablement de s’interroger :
« Peut-on pour autant considérer le combat gagné? Évidemment que non. Depuis la Charte des valeurs, les citoyens en faveur de la laïcité au Québec sont attaqués, dénigrés, insultés par les partisans du multiculturalisme canadien les accusant des pires anathèmes. Les procès se succèdent pour tenter de suspendre, ou d’abolir toute tentative d’encadrer la liberté religieuse, notamment dans nos écoles publiques. Les médias relayant abondamment les attaques et omettant généralement d’équilibrer le débat par des analyses argumentées en faveur de la loi, on en fini presque par oublier la raison d’être de la loi, l’importance qu’elle revêt pour la majorité des gens, la lutte et la solidarité citoyenne qui a mené à cette laïcité finalement entérinée dans une loi au Québec.
Il faut pourtant s’en rappeler, car la bataille juridique est loin d’être terminée, et elle se rendra certainement dans les prochaines années jusqu’en Cour suprême. »
Elle avait vu juste !
Autres combats
Nadia est aussi bien connue pour sa dénonciation du programme Éthique et culture religieuse qui caricaturait les pratiques religieuses et enseignait le respect absolu des religions (incluant les pratiques sexistes). Sa persévérance à cet égard a sans aucun doute grandement contribué au remplacement de ce programme par celui de Culture et citoyenneté québécoise en 2024.
En 2020, alors que plusieurs journalistes québécois tentent de faire un lien entre la Loi 21 et du « racisme systémique », Nadia soumet, en collaboration avec d’autres, un mémoire au Groupe d’action contre le racisme, nouvellement créé. Elle y démontre que la laïcité de l’État constitue un moyen fondamental pour assurer la cohésion sociale et combattre le racisme.
En 2023, Nadia mobilise plusieurs Québécoises de culture musulmane pour dénoncer la décision de deux écoles secondaires de Laval pour avoir acquiescé à la demande d’ouverture d’un local de « recueillement », pour des élèves musulmans, présentée comme un accommodement religieux, où la mixité filles-garçons n’était pas permise.
Enfin, à titre de présidente du Rassemblement pour la laïcité, Nadia produit en 2024 une série de vidéos sur les fondements et la pertinence de la laïcité de l’État et continue de s’exprimer régulièrement dans les médias en faveur de la laïcité.
Nadia El-Mabrouk est incontestablement une femme impliquée et inspirante qui mérite grandement le prix de la laïcité Guy Rocher 2025. Merci Nadia !
