L’auteur est président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)

Alors que des membres de la Commission de la Relève de la CAQ (CRCAQ) proposent ouvertement de « déclarer la guerre aux syndicats », nous ne pouvons rester silencieux devant une telle dérive idéologique.

Ces propos irresponsables et déconnectés de la réalité trahissent une profonde méconnaissance du rôle fondamental que jouent les syndicats dans notre société. Depuis des décennies, les organisations syndicales défendent les droits des travailleuses et des travailleurs, revendiquent des conditions de travail décentes, luttent pour l’équité salariale et contribuent à bâtir une société plus juste et solidaire.

Qualifier cette mission de « menace » relève d’un populisme dangereux. C’est faire fi des avancées sociales dont bénéficient aujourd’hui des millions de Québécois et Québécoises, qu’ils soient syndiqués ou non. C’est aussi détourner l’attention des véritables enjeux : le sous-financement chronique de nos services publics, la crise du logement, la précarisation de la jeunesse et l’urgence climatique.

Le document de la CRCAQ, sous couvert de « ramener la démocratie », propose de restreindre l’autonomie des syndicats, d’encadrer leur financement et de limiter leur capacité d’action. Ces propositions ne visent pas à améliorer la démocratie, mais à museler les voix collectives qui dérangent.

Les membres de la CRCAQ affirment sans détour que les syndicats sont antidémocratiques et manquent de transparence. Ont-ils seulement pris le temps d’obtenir des données et de les analyser rigoureusement ou se sont-ils contentés de lire quelques gros titres qui rapportaient une problématique dans un syndicat pour ensuite généraliser et conclure que tous les syndicats agissaient ainsi?

Rappelons que les membres de la CRCAQ sont, pour la plupart, encore aux études et qu’ils mettent en doute l’utilité des syndicats. Lorsqu’ils auront intégré le marché du travail, que leur salaire stagnera pendant plusieurs années, qu’ils auront du mal à payer leurs factures, que la surcharge de travail sera omniprésente, qu’ils seront menacés de perdre leur emploi parce que leur enfant est malade trop souvent au goût de leur patron, ou qu’ils doivent travailler dans une école remplie de coquerelles, peut-être seront-ils heureux qu’un syndicat fasse valoir leurs droits et se batte pour obtenir de meilleures conditions de travail.