Les définitions du genre, de l’identité de sexe et de genre ainsi que des stéréotypes sexuels et de genre mises de l’avant dans le programme Culture et citoyenneté québécoise [1], qui est enseigné dans toutes les écoles du Québec, s’avèrent problématiques. Une révision s’impose.
Le genre
Selon le ministère de l’Éducation, le genre est un « [p]rocessus social et historique de différenciation et de hiérarchisation des femmes et des hommes ainsi que du féminin et du masculin ».
Rappelons qu’une hiérarchie est un classement des fonctions selon un rapport de subordination. En incluant cette notion dans la définition et en promouvant le respect de l’identité et de l’expression du genre, on enseigne à nos enfants le respect de la subordination du genre féminin au genre masculin.
Pourquoi avoir choisi cette définition alors que plusieurs autres, ne faisant pas référence à une hiérarchisation, existent dans la littérature?
L’identité de sexe et de genre
Le ministère amalgame le sexe et le genre dans l’expression « identité de sexe et de genre » définie comme étant la « [c]onscience ou conviction d’appartenir ou non à l’une ou l’autre des catégories de sexe et de genre ».
Or, la Charte québécoise reconnaît le « sexe » et « l’expression ou l’identité de genre » comme étant deux motifs distincts pour lesquels la discrimination est interdite.
De plus, le Comité de sages sur l’identité de genre, dont le rapport vient d’être déposé, appelle à distinguer rigoureusement les notions de sexe (soit biologique, binaire et immuable) et de genre et à éviter toute terminologie qui amalgame ces deux notions [2].
Ne pas reconnaître la différence entre ces deux concepts risque d’entraîner des conséquences négatives à la fois sur le droit des femmes à l’égalité (basé sur le sexe) et sur la reconnaissance et le respect des personnes trans.
Les stéréotypes sexuels et de genre
Le ministère amalgame aussi le sexe et le genre lorsqu’il est question de stéréotypes à combattre en vue d’une société plus juste. Habituellement les stéréotypes sont définis comme étant des idées toutes faites et des images caricaturales qui enferment les gens dans un rôle qui ne leur convient pas nécessairement et qui les empêche de dévoiler leur vraie nature.
Or, alors que le respect de l’identité de genre appelle à respecter une « hiérarchisation des femmes et des hommes », la lutte contre les stéréotypes sexuels vise l’égalité entre les femmes et les hommes au-delà des normes sociales [3]. L’amalgamation du genre et du sexe, lorsque l’on parle de stéréotypes, a pour effet d’invisibiliser la réalité des personnes trans et de freiner la lutte aux stéréotypes sexistes qui limitent la pleine réalisation des femmes et des hommes en société.
Ainsi, pourquoi avoir jumeler deux concepts distincts dans la définition des stéréotypes sexuels et de genre offerte par le ministère?
Le glossaire du programme Culture et citoyenneté québécoise est problématique à plusieurs niveaux. Il est donc essentiel que le ministère de l’Éducation le revoie afin de mieux définir les enjeux liés au sexe et ceux liés à l’identité de genre.
[3] https://www.csf.gouv.qc.ca/wp-content/uploads/resume-de-letude-entre-le-rose-et-le-bleu.pdf

