Devant la prétention de certains de servir l’intérêt général ou public, on est en droit de se demander ce qui se cache derrière ces bonnes intentions.

Certes, monsieur Steven Blaney a servi comme député conservateur au Canada, mais sa carrière n’en est pas moins entachée par un passé douteux dont il faut avertir les électeurs de Lévis. Son slogan – « Ensemble pour un Lévis prospère » – laisse un goût amer.

En effet, monsieur Blaney a fait partie d’un gouvernement canadien, qui a exclu les Chantiers Davie de la possibilité de bénéficier des retombées du Plan de Construction navale du Canada élaboré par la fonction publique de ce même pays à la demande des conservateurs. Monsieur Blaney s’est satisfait de l’exclusion, au nom d’un appel d’offres qui excluait les Chantiers « en faillite », disait-il.

Monsieur Gérard Deltel, un confrère conservateur de monsieur Blaney sur la Rive Nord, a expressément déclaré qu’on « ne donnait pas sa maison à construire à un contracteur en faillite ». Il a avoué de la sorte que l’exclusion des Chantiers Davie du Plan de Construction navale du Canada était explicitement due aux difficultés financières des Chantiers. Des hommes d’affaires étrangers y ont vu une belle occasion et ont estimé que leur capacité d’infléchir la décision des conservateurs serait apte à faire changer d’idée le Canada.

Aidés par les indépendantistes québécois, qui y ont vu une politique injuste à corriger en réclamant « notre juste part des contrats », la situation a été prise en main par des libéraux qui, eux, ont été capables d’amener les Services d’Approvisionnement du Canada à ouvrir d’autres appels d’offres qui incluaient les soumissions des Chantiers Davie. Pourquoi les conservateurs n’en ont-ils pas été capables ? Il faut le demander à monsieur Blaney.

La population du Québec représentant 23% de celle du Canada, la part du Québec dans le financement par les impôts du Plan de Construction navale du Canada se situe donc à environ 23 % du total des 70 milliards $ consacrés à ce projet, soit environ 16 milliards de dollars. L’injustice n’est toutefois pas encore corrigée, puisque les Chantiers n’ont obtenu, jusqu’à présent, que 7,5 milliards $ de contrats jusqu’en 2040. On est loin du compte. Il manque 8,5 milliards de dollars aux Chantiers pour arriver à une proportion juste des taxes que nous payons.

Mais imagine-t-on la situation de l’emploi, et donc de la prospérité dans la ville de Lévis sans l’apport des Chantiers. Monsieur Blaney a beau dire qu’il souhaite la prospérité de Lévis, le moins qu’on puisse dire c’est que le gouvernement dans lequel il a servi s’apprêtait, sans qu’il ne daigne aucunement protester publiquement ni démissionner, à sacrifier les Chantiers Davie sur l’autel d’un Canada prospère, lui, qui était « gavé de contrats », selon, l’expression même de son chef Stephen Harper.

N’eût été Michel Boudrias du Bloc Québécois, qui a alerté la Chambre durant des mois sur cette profonde injustice et éveillé les libéraux à une possible utilisation de celle-ci pour mousser l’indépendance du Québec, les Chantiers auraient été condamnés à la faillite sans le moindre aide de l’État canadien pour se relancer.

Monsieur Blaney peut se pavaner avec un slogan creux, un « Lévis prospère », il n’en est pas la cause et il ne mérite l’appui d’une population attachée aux Chantiers depuis des années et qui a risqué, à la suite de l’aplaventrisme de monsieur Blaney, de voir les conservateurs réussir à fermer ces Chantiers au profit de leurs concurrents des Maritimes et de Vancouver.

Non, monsieur Blaney, vous n’avez pas la prétention de servir alors que l’organisation politique à laquelle vous adhériez a nui grandement à toute notre région et au Québec. Vous devriez être couvert de honte devant votre comportement pusillanime et devriez calmement vous retirer de la vie politique avec une pension que vous ne méritez pas.

Les citoyens de Lévis ont droit de connaître l’implication de monsieur Blaney dans les risques qu’ont courus les Chantiers sous le gouvernement Harper et le rôle formel de nuisance qu’y a joué celui qui se présente à eux pour les représenter comme maire.