Les 18-19 octobre, à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), la salle Mont-Royal était pleine. Plus de cent personnes — enseignants, parents, étudiants, chercheurs, féministes et citoyens engagés, sans compter les nombreux participants en ligne — se sont réunies pour un événement inédit : le premier colloque organisé par Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec), intitulé « École québécoise : sortir des impasses idéologiques ».
Dans une atmosphère à la fois rigoureuse et non-partisane, les participants ont réfléchi à une question rarement abordée publiquement : comment protéger l’école québécoise des pressions idéologiques? Deux types d’influences ont été particulièrement analysées :
- L’entrisme religieux, qui remet en cause la laïcité et l’indépendance des institutions face aux diktats religieux;
- L’idéologie du genre, qui perturbe les repères pédagogiques, biologiques et éducatifs.
« L’école doit rester un lieu où l’on apprend à penser »
Le colloque s’est ouvert avec les mots de Michèle Sirois, présidente passionnée et profondément dévouée à la mission de PDF Québec, dont la courte allocution a donné le ton à ces journées de réflexion, suivie d’une intervention très remarquée, celle de Tirad Badawi, 21 ans, jeune militant pour la liberté de conscience et fils du blogueur retenu en Arabie saoudite, Raif Badawi.
Des voix fortes pour replacer la science, la raison et l’enfant au centre de l’école
Au fil des conférences, plusieurs chercheurs et acteurs de changement ont apporté leurs expertises :
- Normand Baillargeon, philosophe
- François Chapleau, biologiste et professeur (Université d’Ottawa)
- Marie-Claude Girard, retraitée de la Commission canadienne des droits de la personne
- Samuel Veissière, anthropologue et professeur associé (UQAM)
- Un panel engagé réunissant François Dugré (Rassemblement pour la laïcité), Véronique Fournier (Pour les droits des femmes du Québec) et Athena Davis (Réseau éducation, sexe et identité)
- Jocelyne Robert, spécialiste de la sexualité
Ce colloque a révélé un fait encourageant : malgré la sensibilité des sujets abordés, plus de cent personnes ont choisi d’être présentes et attentives, curieuses et ouvertes. Leur participation témoigne d’un désir réel de comprendre, de débattre et de faire évoluer l’école québécoise dans un esprit de dialogue respectueux, non-partisan et ancré dans la réalité matérielle et la recherche scientifique.
Les échanges ont rappelé que l’école doit rester un lieu où l’on apprend à penser par soi-même, à exercer son jugement, à développer l’esprit critique — et non à adhérer à une seule façon de voir le monde. Sortir des impasses idéologiques, c’est redonner à l’école sa mission essentielle : transmettre le savoir, éveiller la curiosité et permettre à chaque élève de se construire dans la liberté intellectuelle et de conscience.
Citations
« Alors qu’il est devenu périlleux d’affirmer que deux sexes existent et que les diktats religieux ne doivent pas dominer à l’école, PDF Québec a donc senti le besoin de faire le point sur ces idéologies qui se confrontent et polarisent la société québécoise. C’est à une réflexion collective que PDF Québec nous convie afin d’assurer l’avenir de l’école qui doit retrouver sa mission première, à savoir transmettre des connaissances et contribuer à développer l’esprit critique des jeunes. »
— Michèle Sirois, présidente de PDF Québec
« Dans ma famille, on a payé très cher le prix de la liberté d’expression. C’est pour cela que je dis aux jeunes : ne laissez personne décider à votre place ce que vous avez le droit de penser. L’école doit vous apprendre à réfléchir, pas à obéir. »
— Tirad Badawi, conférencier
Et maintenant?
Toutes les conférences seront rediffusées sous peu sur la chaîne YouTube de PDF Québec (youtube.com/@PdfquebecOrg), afin de rendre ces contenus accessibles à toutes et tous.
À propos de PDF Québec
PDF Québec est actuellement la plus importante organisation féministe universaliste, mixte, non-partisane en faveur de la laïcité. Sa raison d’être est de défendre la dignité et les droits des femmes et de promouvoir l’égalité de fait entre les sexes afin de bâtir une société plus juste et plus solidaire.

