À Ottawa, la situation a fait que les petits partis, comme le NPD et les verts ont eu à prendre la décision d’aller ou non en élections. La question étant, pour les libéraux, d’avoir à défendre leur programme de militarisation devant les électeurs. Les seules véritables consultations populaires qu’autorisent les démocraties libérales sont les élections. Et là, on vient de rater une belle occasion d’aller au peuple soi-disant parce qu’il ne veut pas d’élections durant les Fêtes. Est-ce que ce ne sont pas les partis et quelques journalistes qui en ont décidé ?

Un budget qui oriente toute l’économie vers la guerre comme il le fait ne devrait pas être laissé entre les mains des seuls parlementaires. La population devrait avoir le loisir de se prononcer, ou tout au moins, de poser les principes que sous-tendent les enjeux de ce budget.

La militarisation implique un transfert de fonds d’argent normalement consacrés aux dépenses sociales, aux transferts en santé vers les provinces ou à toute autre destination autre que l’armement. Dans un contexte où la guerre est une préoccupation universelle, les citoyens de ce pays devaient s’attendre à se prononcer sur ces enjeux. Avons-nous vraiment des ennemis autres que les feux de forêt à combattre ? La Russie, notre voisin du Nord, nous menace-t-elle vraiment ? Et la Chine, qu’avons-nous à faire, en tant que pays indépendant, dans un conflit qui ne concerne que les États-Unis ?

La militarisation est donc au programme des libéraux, qui choisissent sciemment de consacrer autant d’argent à l’armement sans consultation populaire, alors que les partis d’opposition s’y opposent justement.

Est-ce que la démocratie est bien servie par cette collusion entre les petits partis et les libéraux, qui évitent ainsi une consultation appropriée étant donnés les enjeux impliqués ? N’est-on pas en mesure de qualifier d’autoritaire une décision venant de si haut et qui échappe à toute l’opinion publique qui pourrait s’attendre à en débattre durant une élection, fût-elle à Noël ? Est-ce que les questions posées par ce programme ne doivent pas faire l’objet d’une discussion plus large que seulement entre députés ?

Je suis profondément déçu par ce type de pouvoir qui ne repose que sur des petits partis qui ne reflètent pas l’opinion générale exprimée par les partis d’opposition. En soi, c’est un déni de démocratie et le Canada ne mérite pas notre confiance si les décisions se prennent ainsi. Vivement l’indépendance que nous ayons l’opportunité de trancher en ce qui concerne des choix budgétaires qui nous soient propres et qui reflètent vraiment nos valeurs de paix et de justice sociale.