Les médias dominants s’attaquent sans surprise à l’ONU via la Conférence de Belém sur le changement climatique qui a tenu les délégués en haleine jusqu'à la dernière journée supplémentaire : si le déroulement régulier des séances plénières de clôture des organes directeurs de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), du Protocole de Kyoto et de l'Accord de Paris a été interrompu par une série de points d'ordre et d'objections sur diverses questions de négociation, les participants ont tout de même décidé un mécanisme de transition juste et adopté un nouveau plan d'action pour l'égalité des sexes, même s’il semble un peu mièvre aux yeux de notre Québec à l’avant-garde de la libération de la femme et des personnes LGBTQIA.
Mettant fin à une longue impasse, la conférence a accepté l’offre de la Turquie d’accueillir la COP 31 en se félicitant d’un accord de partage entre la Turquie et l’Australie pour sa présidence, avec participation des pays insulaires du Pacifique menacés de disparition par la montée des eaux. L’offre de l’Éthiopie d’accueillir la COP 32 en 2027 a été acceptée, ce qui serait une première pour un pays hors du cercle des pays privilégiés et reflète l’influence bénéfique de la Chine à l’économie verte.
La Colombie [1] a fait entendre sa protestation reflétant celle de la majorité des délégués écolos que « la COP de la vérité ne peut pas soutenir un résultat qui ignore la science » : les dialogues mondiaux en 2026 devront imposer aux lobbyistes de l’industrie l’abandon des combustibles fossiles de manière juste et équitable afin de maintenir le réchauffement à 1,5°C à portée de main.
Le président de la COP 30, Corrêa do Lago, a pu annoncer la création de deux feuilles de route de la présidence brésilienne de Lula : l'une sur la transition des combustibles fossiles d'une manière juste et équitable et l'autre sur l'arrêt et l'inversion de la déforestation d'ici 2030, dont les résultats seront rendus publics à la COP 31.
Marina Silva, ministre de l'Environnement et du Changement climatique du Brésil, a souligné la reconnaissance que la transition mondiale vers de faibles émissions de gaz à effet de serre et un développement résilient quant au climat sont irréversibles, malgré le manque de consensus qu’elle a déploré pour la décision « Mutirão ».
Si le secrétaire exécutif de la CCNUCC, Simon Stiell, a reconnu que la COP 30 s'est déroulée dans des eaux géopolitiques tumultueuses, il a souligné l'unité des 194 nations qui continuent de lutter pour une planète vivable. Il a appelé au rejet de la désinformation et a imploré les pays d’accélérer la mise en œuvre des plans nationaux sur le climat.
Réfutant le discours trumpiste anti-ONU, le président de la COP 30, Corrêa do Lago, a remercié tous ceux qui ont contribué au processus, y compris les observateurs turbulents qu'il a encouragés à continuer à exiger davantage et à guider les négociateurs dans la bonne direction. Enfin, les Québécois se félicitent de la désignation par tous les participants planétaires à Belém du Canada fossile, une première embarrassante depuis l’année 2014 sous Harper !
[1] Notons la vision progressiste du recteur de l’UQAM, qui vient de passer une semaine de rencontres scientifiques et universitaires fructueuses en Colombie.

