Valérie Larivière, enseignante en éducation physique, Lavaltrie et Amélie Dufour, enseignante en musique, Lévis.

Alors que le gouvernement tente de restreindre la capacité des organisations syndicales à agir collectivement par le biais de son projet de loi no 3, nous, membres des Réseaux des jeunes et d’action sociopolitique de la CSQ, clamons haut et fort notre attachement à la démocratie syndicale.

Cette démocratie vivante permet à des milliers de travailleuses et de travailleurs de s’impliquer, de débattre et de décider des orientations qui touchent à la fois leur milieu de travail et la société tout entière. Y toucher, c’est s’en prendre à un pilier de notre vie démocratique.

L’action syndicale, c’est l’action citoyenne.

Réunis cette semaine dans le cadre d’une rencontre conjointe de nos réseaux, nous avons échangé sur la pauvreté, la hausse du coût de la vie, la crise du logement, l’itinérance et l’insécurité alimentaire, qui menacent désormais les conditions de vie et de travail d’une part croissante des membres de la CSQ et de la population québécoise.

Ces réalités, nous les vivons et les observons chaque jour : l’élève qui arrive affamé au service de garde, la femme en situation d’itinérance qui cherche refuge à l’urgence, le jeune étudiant originaire d’une région éloignée qui dort dans sa voiture près du cégep, la personne aînée qui peine à se loger, et même la travailleuse qui se voit contrainte de faire appel aux banques alimentaires.

Nous sommes des travailleuses et des travailleurs, oui, mais nous sommes aussi des parents, des jeunes, ainsi que des citoyennes et des citoyens profondément touchés par ces injustices. Nos engagements syndicaux et sociaux sont indissociables. L’action syndicale n’a jamais été confinée aux murs des écoles, des hôpitaux ou des bureaux : il s’agit d’un mouvement collectif enraciné dans la solidarité, la justice sociale et la dignité.

Une longue tradition d’engagement.

Les syndicats ont contribué à transformer le Québec. Nous avons participé à tous les grands changements de société, que ce soit pour la sécurité du revenu et le filet social, pour une assurance maladie universelle, pour l’éducation laïque, gratuite et obligatoire, pour la création des cégeps, pour le renforcement de notre démocratie, pour de nombreuses avancées concernant les droits des femmes et des personnes retraitées et contre la pauvreté des personnes aînées et retraitées.

Chaque conquête sociale porte l’empreinte de mouvements syndicaux qui ont su aller bien au-delà des conditions immédiates de travail.

Une démocratie syndicale vivante

Notre rencontre de cette semaine s’inscrit dans cette tradition et nous y participons à titre de déléguées et délégués mandatés par nos membres. Ces réseaux existent grâce à des comités élus démocratiquement, dans le respect de nos statuts et règlements. Les sujets que nous abordons découlent directement des résolutions votées par le Congrès de la Centrale, où siègent plus d’un millier de personnes déléguées.

Cette démocratie n’est pas un simple principe abstrait : elle est le cœur battant de notre action. Elle garantit que chaque membre a voix au chapitre, que les orientations reflètent les réalités du terrain et que la parole circule librement. Grâce à elle, nous pouvons apprendre, débattre et proposer des solutions concrètes aux défis de notre époque.

Un recul démocratique à éviter

Le projet de loi no 3 du gouvernement Legault menace cet équilibre, en voulant imposer à nos membres des règles sur la manière d’exercer leur pouvoir démocratique.

Ce n’est pas au gouvernement de dicter aux travailleuses et travailleurs comment débattre, décider ou agir collectivement. Ce droit appartient aux membres mêmes, dans leurs instances, conformément à leurs valeurs et à leurs choix démocratiques.

Malgré ces vents de face, nous continuerons de nous impliquer, d’échanger, de débattre et d’agir. Parce que s’investir dans notre syndicat, c’est participer à la défense de la démocratie et au progrès social. Et parce que, plus que jamais, ça nous regarde.