Il est tout à fait normal que le représentant politique de 48 % des Canadiens français exerce un esprit critique face à ceux qui, au nom de la défense de la langue française et de la culture québécoise, collaborent avec le fédéral pour soi-disant protéger ces deux institutions québécoises.

En déclarant que l’ennemi est ailleurs, à l’extérieur du pays, chez les géants du Web et de l’intelligence artificielle, ces collaborateurs affichent ouvertement leur confiance dans les institutions fédérales pour la défense de la culture. Or, comme le dit PSPP, ces institutions sont justement à la source même de notre déclin au Canada colonialiste. « Ça fait des siècles que ça dure », déclare-t-il.

Les représentants de la culture québécoise, sans aucune autocritique, minimisent leur attitude face au fédéral en invoquant leur rôle de négociateurs devant le ministre fédéral, qui n’a de cesse de stigmatiser les « séparatistes », les meilleurs défenseurs du Québec. Ainsi choisit-il son camp anti-indépendantiste et profédéraliste. Il en rajoute, sur la cible qu’il a été par un PSPP et un Legault, et qui devrait aussi être dénoncé par les représentants de la culture québécoise, pour sa partisanerie idéologique grossière en prétendant être celui dont la fierté est aussi valable que celles des « séparatistes ».

Les représentants de la culture québécoise n’ont qu’eux à blâmer pour leur attitude servile face au fédéral, dont ils attendent une quelconque défense qui ne vient pas et ne viendra jamais à moins de preuves irréfutables du contraire. En effet Miller veut dépolitiser le débat sur la langue et est fatigué des récriminations du Québec. Mais en s’affichant aussi fier que les nationalistes, il donne raison à PSPP, qui prend ses distances face à ce ministre dont la fatigue illustre bien on ne peut mieux que le débat est imminemment politique et que les enjeux sont mal compris à Ottawa.

Car il ne s’agit pas ici de déterminer un quelconque monopole de la fierté, mais de décider de la survie de la langue et de la culture québécoise. S’il est capable de défendre les deux que Miller descende de ses grands chevaux et nous le prouve par des gestes concrets en affrontant ce qu’identifient comme danger principal les représentants québécois de la culture : les géants du WEB et de l’intelligence artificielle contre lesquels le fédéral se montre tout à fait impuissant à venir jusqu’à date.

Qu’ont-ils entrepris pour la qualité de la langue et de la culture que les Québécois n’ont pas déjà initié comme critique de ces périls venus d’ailleurs ? Les fédéralistes tardent à agir et tentent de nous culpabiliser pour leur inaction.

S’ils veulent entretenir le dialogue avec le fédéral pour ses subventions, les représentants de la culture québécoise n’ont qu’à le faire ouvertement aux yeux de tous et non derrière des portes closes dont on ne sait rien.

Il manque de « séparatistes » dans la culture du Québec, car c’est de cette manière qu’elle s’affirme le plus rigoureusement et le chef assumé de la nation (les sondages lui donnent raison) a parfaitement le droit de le noter, de manière que les représentants de cette culture se sentent interpellés, et d’insister sur ce destin national libre qu’ils sont prêts barder pour des subventions et la défense des artistes québécois qui, eux, sont en droit de s’attendre de leurs représentants qu’ils montent aux barricades de manière bien plus offensive. PSPP le leur rappelle et n’aura fait en sorte que de stimuler se troupes. Car il ne parle pas aux fédéralistes dans ce cas bien précis où ils s’en foutent malgré leurs discours de circonstance.

PSPP n’a fait en sorte aussi que prendre les responsabilités que les Québécois attendent de leur chef avoué par 48 % d’entre eux.