Paul Saint-Pierre Plamondon a raison au sujet d'Ottawa, de Marc Miller et de la culture québécoise. On doit se rappeler la prédécesseure de Marc Miller au Patrimoine canadien, l'inénarrable Sheila Copps.

Interrogée en 2005 lors d'une entrevue sur la culture québécoise sur le rôle des artistes dans le mouvement souverainiste, elle m'a dit:

« Ce n’est pas la culture québécoise! C’est la culture francophone! (...) La bataille pour le cœur des Québécois n’était pas juste une question de drapeau. C’était aussi une question de participer à la réalisation d’un plus grand rêve, le rêve du Canada. Et au cœur de ce rêve régnait la culture. »

Sur comment Ottawa réussissait à coopter le monde culturel québécois, elle a répondu:

« Au ministère, nous ne créons pas le talent, dit Sheila Copps. Mais nous créons les programmes avec les dispositions nécessaires. Nous créons les programmes, EUX, ILS SUIVENT L'ARGENT. Maintenant, les artistes ont un intérêt personnel et financier à appartenir à un pays plus grand. (We create the programs and THEY FOLLOW THE MONEY... So they now have a self-interest in being part of a bigger country). »

Au sujet de l'objectif du gouvernement en matière de culture, elle a précisé:

« Dans mon ministère – il n’y a pas d’écrit à ce sujet – je leur ai dit : votre déclaration de mission chaque matin est « Est-ce que j’ai bâti le Canada aujourd’hui ». Je m’en fous du Conseil des Arts… Dans le monde de l’édition, ils [les fonctionnaires] voyaient leur mandat comme l’appui à l’édition de livres. Moi, mon mandat était de bâtir le Canada.) »

Plus ça change, plus c'est pareil.

Citations tirées de Le référendum volé, 20 ans plus tard (p. 218)