Alors que nous approchons lentement, mais assurément vers de nouvelles audiences publiques sur les berges du Lac-Saint-Jean, il nous apparait essentiel que la région fasse consensus sur un certain nombre d’éléments. Nous sommes conscients qu’il sera difficile d’y arriver, considérant le nombre d’intervenants et la complexité du dossier. Des réalités sectorielles historiquement différentes font en sorte qu’il ne peut y avoir unanimité sur ce dossier. Il est cependant très important que l’on fasse front commun sur certains éléments qui nous apparaissent essentiels, si nous voulons avoir un « lac pour tous ».

Au Mouvement Onésime Tremblay, nous en avons identifié trois :

Le premier est à savoir que le prochain décret englobe l’ensemble du pourtour du lac Saint-Jean. Actuellement, Rio Tinto (Alcan) n’a pas l’obligation de protéger les zones non décrites dans le décret. Il n’est plus acceptable qu’un futur décret n’inclue pas les secteurs les plus fragiles et significatifs en matière de biodiversité et de grande valeur biologique. L’absence de conservation/protection de ces secteurs encore sauvages, souvent les plus beaux sites naturels, ne tient plus la route.

Actuellement, tant le Parc national de la Pointe Taillon, que l’estuaire de la rivière Mistassini, plus précisément le secteur de Pointe Racine, n’ont pas l’assurance d’une protection adéquate et pérenne. Il est totalement inacceptable que ce que nous avons de plus beau, de plus riche en diversité, mais aussi de plus fragile soit exclu du décret. Alors que la demande pour avoir accès à la nature sera de plus en plus grande et que ces deux secteurs font partie du bien commun, on ne peut pas tolérer que seules les propriétés privées fassent partie du décret et aient droit à des mesures de protection.

Nous n’acceptons plus que la compagnie Rio Tinto (Alcan) se défile, quels qu’en soient les prétextes. Nous sommes en 2025, les privilèges vieux de 100 ans n’ont plus leur place dans la société d’aujourd’hui. L’érosion frappe indistinctement tout le pourtour du lac. Les mesures de protection doivent s’appliquer, tout aussi distinctement.

Le deuxième élément sur lequel nous devrons faire consensus est à l’effet que les travaux de protections des berges et des plages devront être à la fois esthétiques, comprenant des matériaux de rechargements de meilleure qualité, et contribuer à rendre accessibles les portions de territoires qui feront l’objet de divers travaux.

Un bilan des travaux réalisés s’impose. La compagnie Rio Tinto (Alcan) s’est contentée, par exemple dans le secteur derrière l’ile Boulianne, de déverser d’immenses tas de roches pêle-mêle, rendant impossible l’approche de la rive en embarcation. De plus, lorsque nous sommes sur la plage, au lieu de voir l’immensité et la beauté du lac, nous ne voyons plus que d’affreux amas de roches qui nous bouchent complètement la vue. Ça ne coûte pas cher, mais ça ne vaut pas cher et c’est tout à fait intolérable de venir massacrer ce qu’on a de plus beau. Non seulement c’est possible de faire mieux, nous en avons le devoir.

Le troisième élément sur lequel on se doit de faire consensus, c’est la remise en état de la Pointe Langevin, par la compagnie. Nous ne pouvons accepter que Rio Tinto (Alcan) s’en lave les mains. Quand on veut gérer seul un réservoir, il faut être les seuls à payer. Abandonner ce dossier serait accepter que la compagnie renonce à ses devoirs manifestes, lorsque ça coûte cher. Ce serait accepter un dangereux précédent, qui ferait que Rio Tinto (Alcan) ne s’occupe plus que des petits problèmes moins onéreux, alors qu’elle génèrera des profits de plus en plus importants, avec la modernisation de ses installations en cours qui seront plus efficaces, tout en réduisant le nombre d’employés.

Aux prochaines audiences, ces trois éléments seront primordiaux. À ces éléments, il faudra bien sûr ajouter la question du niveau du lac, qui devra concilier à la fois la protection des berges, et celle permettant la navigation tout au long de l’été. Pourrions-nous être fiers de nous et dire que nous avons vraiment un « lac pour tous »? C’est le défi que nous devons relever collectivement.

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Le Mouvement Onésime-Tremblay est un mouvement citoyen qui vise la reprise en main de nos ressources électriques. C’est un bien public qui doit être exploité dans l’intérêt général et non des intérêts privés.