À son Congrès d’orientation 2026, le Parti québécois (PQ) a pris position à l’égard des femmes en s’engageant, entre autres, à distinguer les notions de sexe et d’identité de genre dans les données statistiques, les lois, les politiques et les programmes gouvernementaux, à réaffirmer leur droit à des espaces et activités non mixtes et à revoir les outils d’éducation à la sexualité pour s’assurer qu’ils reposent sur la science et la biologie.

Il s’agit de prises de position audacieuses dans une période pré-électorale où le débat entre sexe et genre fait polémique, ici et à l’étranger.

Le sexe et l’identité/expression de genre

Les femmes et les personnes trans ont des réalités différentes, que l’on doit reconnaître, si on veut mettre fin à la discrimination et aux violences dont elles sont malheureusement victimes. Cependant, nier la réalité d’un groupe, en l’amalgamant à un autre, est rarement un gage de réussite au plan de l’inclusion et du respect.

L’engagement du PQ reflète cette réalité, mais aussi les conclusions du rapport du Comité de sages sur l’identité de genre, qui appelait à distinguer rigoureusement les notions de sexe et de genre et à s’assurer que les données utilisées par les organismes gouvernementaux, lors du développement des politiques et dans les programmes scolaires, reflètent à la fois la réalité biologique binaire du sexe et la situation particulière des personnes trans ou non binaires. [1]

Cette prise de position fait écho à la Charte québécoise des droits et libertés qui nomme le sexe et l’identité ou l’expression de genre de façon indépendante dans la liste des motifs interdits de discrimination.

Elle permet aussi le respect du droit collectif des femmes à l’égalité, qui repose spécifiquement sur le sexe. En effet, l’article 28 de la Charte canadienne des droits et libertés stipule qu’ « [i]ndépendamment des autres dispositions de la présente charte, les droits et libertés qui y sont mentionnés sont garantis également aux personnes des deux sexes ». C’est ce droit collectif qui permet l’adoption de mesures pour les femmes biologiques dans des contextes où de telles dispositions sont légitimes, proportionnées et nécessaires. Rappelons que ce droit collectif à l’égalité n’empêche pas le respect et la non-discrimination des personnes s’identifiant ou s’exprimant dans un genre différent de leur sexe.

Espaces et activités réservés

L’égalité entre les sexes signifie que les femmes bénéficient des mêmes chances de participer aux dimensions sociales, culturelles, politiques et économiques en société que les hommes. Un traitement différent peut parfois être requis afin d’atteindre et de promouvoir cette égalité.

Ainsi, le PQ a profité de son congrès pour réaffirmer le droit des filles et des femmes aux espaces et activités non mixtes qui ont été créés pour respecter leur droit à l’intimité, à la sécurité et à la justice. Ceci comprend, tel qu’indiqué dans le programme fraîchement adopté, les toilettes, les vestiaires, les compétitions sportives, les centres d’aide pour victimes d’agression sexuelle, de violence conjugale et d’exploitation sexuelle, les groupes de lesbiennes, les refuges pour femmes itinérantes, les prisons pour femmes, etc.

Outils d’éducation à la sexualité

Le PQ s’engage aussi à mettre sur pied une Commission parlementaire portant sur les contenus des programmes et outils d’éducation à la sexualité et à la citoyenneté pour s’assurer qu’ils reposent sur la science et la biologie, sur l’objectif de l’égalité des sexes et la sensibilisation aux stéréotypes sexuels. Ceci permettra enfin d’avoir un véritable débat sur les contenus et les méthodes pédagogiques utilisées dans nos écoles pour l’éducation à la sexualité.

Il sera intéressant de savoir comment les autres partis se positionneront sur ces dossiers.

[1] https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/famille/publications-adm/publications-complementaires/Rapport-Csages-Volume1.pdf