Le nouveau chef du Parti libéral promet des États généraux sur l’éducation, mais exclut d’emblée la remise en question de l’école à trois vitesses! Alors, vaudrait mieux les appeler : États (très) partiels sur l’éducation!
Ça rappelle Lucien Bouchard, qui avait annoncé des États généraux sur la langue, mais avait exclu l’affichage et l’extension de la loi 101 au cégep.
École à trois vitesses, loi 101 au cégep, deux mesures que Guy Rocher se désolait, au crépuscule de sa vie, de ne pas avoir réussi à contrer. Dans le premier cas, il s’agit des subventions accordées aux écoles privées par la Commission Parent, et, dans le deuxième cas, il est question de l’inscription des finissants du secondaire francophone dans un cégep anglophone.
Quelle hypocrisie que l’hommage que lui ont rendu, lors de son décès, nos décideurs politiques qui auraient pu et dû agir dans ces deux dossiers!
Le parcours scolaire préféré de la « petite » élite québécoise francophone et allophone est bien connu et documenté : école privée subventionnée ou projet particulier dans une école publique, cégep et université anglophones, travail en anglais, loisirs en anglais et assimilation à la minorité anglophone.
(La « grande » élite francophone et anglophone envoie ses enfants dans des écoles privées non subventionnées.)
Le résultat : la ségrégation de notre système scolaire, les filles et les fils des milieux ouvriers et populaires relégués dans les classes « régulières », avec un haut taux de décrochage.
Quels dirigeants politiques auront le courage de prendre à bras le corps ce problème?
(Excusez l’emploi du mot « problème », banni maintenant des médias, remplacé hier par « problématique » et maintenant par « enjeu ». Nous n’avons plus de « problèmes » au Québec, mais des « enjeux ». Ça fait plus noble!)
Oui, le PQ et QS promettent de s’attaquer à l’école à trois vitesses. C’est dans leurs programmes respectifs, mais est-ce qu’on va le retrouver dans leurs plates-formes électorales?
Il est bien connu que les programmes, c’est pour les militants, et que les plates-formes électorales, c’est pour les « vraies affaires ».
Quant à l’extension de la loi 101 au cégep…

