Guy Roy est membre de l’Organisation Québécoise de Solidarité Internationale pour les Droits Humains

La situation à l’El Salvador est aggravée par la perpétuation après deux élections consécutives d’un gouvernement d’extrême droite, ami de Trump, par un président qui se nomme Bukele. Il fait croire, par une propagande habile, à une situation paisible parce que sa loi d’exception lui a permis d’emprisonner des criminels dont le peuple était fatigué. Mais par la même occasion, des syndicalistes, qui protestaient contre la négation des droits des travailleurs salvadoriens, ont été emprisonnés. Il est donc tout à fait hypocrite de la part de Bukele de dire qu’il a pacifié son pays. En fait, il tente de museler toute forme d’opposition à ses politiques régressives en prétextant une loi vieille de quatre longues années de répression populaire. Il collabore aussi avec la politique migratoire de Trump en ouvrant ses prisons aux immigrants déportés par la police de l’immigration américaine.

La dette publique y est de 90 % du produit intérieur brut. Ce qui justifie des coupures dans différents secteurs du budget de l’État. Des travailleurs sont mis à pied : plus de 40 000 salariés du secteur public ou privé ont été licenciés. Leurs syndicats, soit collaborent avec ces politiques gouvernementales réactionnaires, soit ne sont pas reconnus par le ministère du Travail en toute complicité avec Bukele. Quand la mesure n’est pas suffisante, leurs dirigeants sont arrêtés en vertu de la loi d’exception. Ils disparaissent sans que l’on connaisse vraiment leur sort.

Des hôpitaux ont été fermés. Des écoles également. Ce qui laisse les services publics dans un état de délabrement avancé qui explique un manque à desservir les droits élémentaires d’une population accédée.

Un dirigeant, à la solde de Bukele, a parlé de « santé amère » comme d’une politique qu’il fallait infliger au peuple salvadorien qu’il comparait à un enfant malade. Cette politique consiste en des coupes budgétaires pour équilibrer un budget insuffisant, ce qui diminue en fait les droits à un accès à la santé et à l’éducation des Salvadoriens.

Malgré tout, le peuple ne reste pas silencieux. Le Bloc de Résistance et de Rébellion Populaire ((20+) Facebook en direct | Facebook) mène une lutte en mobilisant la population dans des protestations de rue qui n’ont de cesse de faire valoir qu’elle n’est pas d’accord avec ces politiques régressives. Le gouvernement de Bukele n’est pas en paix. Il voit grossir les protestations populaires menées par le Bloc de Résistance et de Rébellion Populaire.

L’extrême droite, ami de Trump et des grandes entreprises étrangères, essaie de mettre le couvercle sur la marmite, mais n’y arrive pas. Toujours se lèvent des gens qui protestent. Par exemple, une population d’une zone environnementale protégée qui, malgré les interventions de la police, se mobilise contre un projet minier autorisé par le gouvernement Bukele. Celui-ci a ses hommes placés dans l’appareil d’État qui lui sont dociles pour décider de mesures contre le peuple.

La solidarité internationale a aussi son rôle à jouer pour appuyer le peuple salvadorien dans ses protestations. Des lettres d’objection aux politiques du gouvernement sont régulièrement envoyées aux ambassades (elsalvadorottawa@rree.gob.sv) ou directement à l’adresse courriel du président Bukele (contacto@presidencia.gob.sv). Celles-ci montrent que la situation est connue dans le monde et qu’on ne lui reste pas indifférent non plus. Elles accentuent la pression sur Bukele et rejoignent ainsi celle de la population locale.

Si vous êtes intéressé à participer à une délégation québécoise à l’El Salvador, veuillez me contacter à l’adresse suivante : guyroy.gr@videotron.cs ou au téléphone : 418-834-4344. Le voyage sera à nos frais et, si vous souhaitez une expérience militante enrichissante, soyez des nôtres.