Tiré de : Monique Gagnon-Tremblay, Une force tranquille : mémoires politiques (Septentrion) 2022.

En mars 1989, Monique Gagnon-Tremblay a prêté serment en tant que ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles. En décembre 1990, elle a déposé le premier énoncé dans l’histoire du Québec en matière d’immigration et d’intégration. En février 1991, elle a signé avec son homologue fédéral, l’Accord Canada-Québec sur l’immigration et l’admission temporaire des aubains. Elle décrit ici la suite des choses en 1991 et la collaboration positive avec l’opposition péquiste.

« Lorsque j’ai rendu public le plan d’action, le 20 juin 1991, pour mettre en œuvre la politique, mon vis-à-vis habituel dans ce dossier, Gérald Godin, était en convalescence après avoir été gravement malade. Il était chez sa mère à Champlain, près de Trois-Rivières. En retournant à Montréal, j’ai fait un détour pour aller lui porter une copie de l’énoncé, ce que lui et ses collègues députés du Parti québécois ont beaucoup apprécié.

« Par la suite, lors du dépôt du projet de loi 124, qui rendait possible la politique en adaptant les structures du ministère, mon vis-à-vis était Michel Bourdon, député de Pointe-aux-Trembles. Ses remarques ont été de dire que l’opposition était favorable à ce projet, « qui a été pensé d’une façon correcte, qui va s’appliquer d’une façon correcte » et que ce fut un « plaisir » d’élaborer avec moi « une politique bipartisane en matière d’immigration ». Et il continua ainsi son discours :

« Je pense à des épisodes comme celui de la langue d’enseignement pour les nouveaux arrivants, où elle a manifesté un sens de l’État qui est remarquable, où elle a manifesté que, même si on n’est pas acquis à la thèse souverainiste, on n’est pas un moins bon Québécois et on n’est pas moins soudé aux intérêts québécois qui transcendent nos divisions partisanes. Alors, je voudrais lui dire, en terminant, merci de ce que vous avez fait, et vous laissez au Québec un ministère qui est dans un état remarquable. Merci. »