Le Canada suit, comme toujours, l’hégémon mondial à la lettre sans aucunement discontinuer. Il se fixe comme objectif abject d’atteindre 5 % de son budget en nouvelles dépenses militaires non pour assurer notre sécurité, mais bien plus pour nous exposer davantage à l’aversion du monde pour la domination inconditionnelle.

Le venin de la guerre se répand et heureusement, son opposition aussi. Il n’est donc pas dit que la voie militaire n’ira que dans un seul sens, car une vigilance des peuples s’exerce et elle riposte contre les fauteurs de guerre. La résistance s’installe au prix d’un lourd tribut.

Si le Canada veut prendre ce chemin de l’escalade sans fin, qu’il n’entraine pas le Québec dans cette voie. À vrai dire, l’indépendance sera peut-être son salut en l’obligeant à une certaine modestie qui l’éloignera des projets hégémoniques américains.

La militarisation du Canada est une calamité. Elle se fait sans débats de fond. Elle servira de prétexte à la diminution des transferts fédéraux en santé, là où sont les besoins les plus criants, car elle est un choix politique qui justifiera que l’on consacre plus d’argent au fléau de la guerre et moins à l’enrichissement des politiques canadiennes dans ces domaines. Elle sera utilisée comme alibi pour ne pas investir davantage dans les besoins sociaux, comme l’itinérance ou les banques alimentaires. C’est déjà commencé.

On consacrera moins d’argent au logement abordable en rejetant sur les provinces et les villes les missions de ce genre. Les transports en commun seront délaissés au profit d’encouragement à l’expansion d’un lourd complexe militaro-industriel. Tout sera prétexte à canaliser les ressources des impôts des particuliers vers des industries ou des services peu créateurs d’emplois. C’est déjà au programme des partis de pouvoir. Comment simplement inverser la tendance?

Ce n’est pas sans raison que l’on délaisse de plus en plus la diplomatie, que l’on sabote l’ONU en la privant de ses moyens ou que l’on n’envisage plus l’obtention de la paix que comme obtenue par la force.

Dans ce sens, il n’est pas non plus inutile de formater l’opinion en faveur de guerres exterminatrices comme on l’a vu en Palestine. L’Iran ne semble plus qu’un prélude à ce qui attend les récalcitrants du monde. La force militaire est appelée à primer sur tout. Mais à ce jeu, on oublie même les défaites amères possibles pour s’enfermer dans les cercles vicieux d’une violence incontrôlée.

L’avenir s’assombrit pour les peuples, y compris le nôtre. L’espoir réside dans une libération des diktats de l’impérialisme guerrier. Mais qui y souscrit vraiment parmi les dirigeants politiques qui n’ont des yeux que tournés vers la prochaine campagne électorale, eux qui n’envisagent plus de pouvoir que comme une recherche de votes au point où ils négligent l’avenir lointain au profit des acquis éphémères d’une militarisation rendue inutile et sans retour?