Sous la plume de Guillaume Picard de l’Agence QMI, le Journal de Montréal du 3 avril 2026 rapporte que l’économiste et chercheur en politiques agroalimentaires Sylvain Charlebois a perdu sa chronique à La Presse.

Celui que les Québécois connaissent bien en ces temps d’inflation alimentaire a été remercié par La Presse, pour qui il a écrit gratuitement plus de 1 000 textes pendant un quart de siècle.

Dans un message partagé hier sur les réseaux sociaux, M. Charlebois a écrit :

« Ma chronique régulière à La Presse a été suspendue indéfiniment cette semaine, après 25 ans et plus de 1000 chroniques. Cette décision ne vient pas de moi. »

Cette suspension est liée, écrit-il, « à des commentaires publics récents » qu’il a faits relativement au financement des médias par le gouvernement fédéral.

« Dans mes propos du 28 février dernier, j’exprimais une inquiétude par rapport à la couverture médiatique sur toutes sortes de sujets d’actualité, bien sûr dans le domaine gouvernemental aussi, mais j’étais clair dans le message que je n’étais pas trop inquiet des médias au Québec. C’est ailleurs, au Canada, qu’on sent un changement assez radical », a dit M. Charlebois.

C’est le vice-président Information et éditeur adjoint de La Presse, François Cardinal, qui lui a annoncé la suspension de sa chronique, qu’il écrivait gratuitement.

Selon lui, dans le reste du Canada, les médias « tentent toujours de donner le bénéfice du doute au gouvernement au pouvoir, au parti au pouvoir, qui a justement démarré le programme d’impôt pour supporter les journalistes ».

« Je n’ai aucun problème de voir le gouvernement aider les médias, mais le problème qu’on a actuellement, c’est que c’est une cause partisane. Le Parti conservateur veut mettre fin au programme. C’est sûr qu’on le voit dans le Canada anglais que l’inquiétude... En tout cas, il y a certaines nouvelles qu’on couvre et d’autres qu’on ne couvre pas », a poursuivi M. Charlebois.

Sylvain Charlebois faisait référence à une situation que L’aut’journal a à maintes reprises soulignée.

Au Canada, les subventions gouvernementales comptent pour 35 % de la rémunération des journalistes de La Presse+, du Devoir, des Coops de l’information, du Journal de Montréal et de Québec. De plus, le gouvernement autorise La Presse+ et Le Devoir, par le biais de leurs fondations, à émettre des reçus pour déduction fiscale à leurs donateurs.

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