L'Auteure est enseignante, retraitée du Centre de service scolaire des Portages-de-l’Outaouais (2022), La Pêche, Québec
Lettre ouverte à Monsieur Charles Emond, président et chef de la direction.
Monsieur,
En tant qu’enseignante retraitée du secteur public en Outaouais, je ne souscris pas à ce que mon épargne-retraite soit liée de quelque manière que ce soit, ne serait-ce que par un seul boulon, au génocide palestinien, génocide actuellement exécuté, comme jamais, à ciel ouvert, à la face du monde entier et en toute impunité.
J’ai un haut-le-cœur à encaisser mon chèque de pension en sachant qu’une portion, soit-elle minime, de mes dividendes, proviendrait d’investissements qui serviraient à construire une cité sur la souffrance incommensurable d’un peuple en cendre.
Je refuse qu’un seul sous de l’argent que j’ai investi durant toutes ces années, pour mes vieux jours, puisse aujourd’hui servir à éteindre toute lueur dans les yeux d’humains entassés dans un coin de leur propre terre à Gaza, devenue prison, lieu de famine et de détresse infinie, où une folie sans nom s’est emparée d’un agresseur qui fait subir à l’autre la même horreur qu’ont subi ses propres ancêtres.
J’ai le droit d’exiger que la Caisse de dépôt replace immédiatement mon argent ailleurs et je m’attends à ce que la Caisse obtempère. La Caisse de dépôt, jadis notre fierté, est aujourd’hui devenue, pour nous tous et toutes au Québec, un véritable déshonneur.
À noter que tous les enseignant.es du secteur public au Québec, soient-ils retraité.es ou en exercice, se trouvent dans ce même triste bateau, comme nous partageons le même fonds d’épargne-retraite (le RREGOP), géré par ladite Caisse, et ce, à hauteur de quelque 6,5 millions d’autres Québécois.es.

