Je me demande comment est disparu de la mémoire collective le fait que les énergies fossiles, le pétrole en l’occurrence, soient la source de gaz à effet de serre qui constituent une menace à toute l’humanité à cause des changements climatiques.
Comment se fait-il qu’on soit passé d’une menace à l’humanité que tout le monde percevait, comme les guerres, par exemple, à la volonté de faire du Canada une puissance énergétique?
Est-ce qu’un banquier peut avoir autant d’influence sur l’opinion publique? Comment la machine médiatique peut-elle oublier de poser les questions sur l’environnement qu’elle laisse aux écologistes, devenus marginaux dans le débat?
C’est tout de même ahurissant que, dans l’espace de quelques années, le combat du Canada contre les changements climatiques soit disparu des préoccupations populaires au point où un thème qui avait provoqué la plus grande manifestation de l’histoire de Montréal soit devenu presque absent du débat public. En effet, sur deux ou trois ans, on est passé de la lutte aux changements climatiques comme préoccupation populaire à une exploitation effrénée des sables bitumineux comme sources de richesses alors qu’ils constituaient, il n’y a pas si longtemps, une calamité nationale.
Un revirement dans l’opinion peut s’expliquer par la capacité de la classe dominante au pays et ses appareils de propagande de changer l’agenda politique au gré des volontés de l’industrie pétrolière influencée qu’elle est par les politiques pro-pétrole d’un Trump. Je ne vois pas d’autre explication logique au phénomène.

