Récemment, Mark Carney s’est rendu à New York où il a prononcé un discours devant l’Economic Club. Mais, auparavant, il a rencontré des investisseurs pour les intéresser au financement du pipeline promis à l’Alberta.

Cela n’est pas sans rappeler un précédent historique, le scandale du gazoduc de TransCanada PipeLines Ltd, qui a grandement contribué à la défaite du gouvernement libéral de Louis St-Laurent, lors des élections fédérales de 1957.

Voici les faits tels que rapportés sur le site du gouvernement du Canada.

« Parmi les plus vifs débats de l'histoire du Parlement canadien figure celui entourant la construction d'un gazoduc au printemps de 1956. Cet audacieux projet d'amener le gaz naturel de l'Alberta jusqu'au cœur du Canada industriel devient une priorité nationale pour le ministre du Commerce, le libéral Clarence Decatur Howe.

Mais le projet a besoin d'importants capitaux. Pour permettre sa réalisation, Howe crée un consortium financier, la TransCanada PipeLines Ltd, composée d'hommes d'affaires majoritairement américains.

En mai 1956, lorsque Howe présente son projet de loi autorisant la construction d'un pipeline et prévoyant un emprunt pour sa réalisation, il se heurte à une vive opposition. Le projet est attaqué de tous les côtés. Alors que le Parti CCF (Cooperative Commonwealth Federation) préconise la nationalisation, le Parti progressiste-conservateur accuse le ministre Howe d'avoir placé l'économie canadienne dans la dépendance du capital américain.

Toutes ces discussions sur le gazoduc risquent de reporter l'installation des canalisations à l'année suivante. Pressé par Howe, le gouvernement St-Laurent impose la clôture des débats. Cette manœuvre soulève la colère de l'opposition conservatrice dirigée alors par un nouveau chef dynamique, John Diefenbaker.

L'opposition dénonce cette procédure qui a tout du musellement. Le gouvernement, lui, accuse ses vis-à-vis d'obstruction. La violence physique éclate même à une occasion. Pendant plusieurs semaines la Chambre des communes est plongée dans le tumulte. Les interminables débats sur le gazoduc dégénèrent en bataille sur les droits du Parlement, puis se terminent en attaques personnelles contre St-Laurent. Ce dernier, de retour de son périple en Asie, accuse des signes de fatigue et semble assister à ces combats politiques comme un témoin passif. Finalement, le 22 mai, St-Laurent appuie le projet, déclarant qu'il plaira à tous les Canadiens.

L'affaire du pipeline ternit toutefois l'image de Howe et des libéraux et contribue, d'une certaine façon, à leur défaite lors des élections fédérales de 1957.

Source : https://parcs.canada.ca/lhn-nhs/qc/stlaurent/culture/histoire-history/evenements-events/natcul2g