Il y a cinq ans, une poignée de jeunes de 20 ans organisaient une St-Jean de fortune au parc Laurier avec 1 000 dollars en poche et des artistes qui acceptaient de jouer gratuitement pour la cause. Cinq cents personnes s'étaient présentées. L'an dernier, ils étaient 5 000 au parc La Fontaine, faisant de cette fête l'un des plus grands rassemblements indépendantistes depuis le référendum de 1995.

Les OUI Québec ne font pas que célébrer la fête nationale. Ils la repolitisent.

Une fête populaire devenue la pierre angulaire du renouveau indépendantiste

Le 23 juin prochain, les OUI Québec tiendront leur cinquième St-Jean au parc La Fontaine, avec une programmation qui mise résolument sur la relève : Thierry Larose, Bon Enfant, Brown Family et Thalia Rosaura prendront la scène, sous l'animation de l'humoriste Ariane Brunet. Une sélection d'artistes qui incarnent, chacun à leur façon, ce que la culture québécoise est en train de devenir.

Pour la présidente des OUI Québec, Camille Goyette-Gingras, la démarche est claire et assumée : « Pour nous, la fête est un geste politique. En rassemblant des milliers de citoyens autour de nos artistes, on renoue avec l'histoire du mouvement pour permettre à une toute nouvelle génération de porter le projet d'indépendance librement. »

Les OUI Québec : la société civile organisée au service de l'indépendance

Derrière la fête, il y a une organisation dont l'ADN est profondément ancré dans la mobilisation citoyenne. Les Organisations unies pour l'indépendance, les OUI Québec, portent une conviction héritée de deux expériences historiques : la mobilisation citoyenne du mouvement indépendantiste catalan d'une part, et les Partenaires pour la Souveraineté, cette coalition d'organisations de la société civile qui avait animé le camp du OUI lors du référendum de 1995, d'autre part.

Pour les OUI Québec, la voie vers l'indépendance passe nécessairement par la société civile. Pas uniquement par les partis, pas uniquement par les élus, mais par les citoyens organisés, les associations, les milieux culturels, communautaires et professionnels qui constituent le tissu vivant du Québec. C'est dans cet esprit qu'ils rencontrent régulièrement des organisations citoyennes sur le terrain, tissant des liens là où le discours partisan ne passe pas.

Cette conviction s'est également matérialisée dans l'espace physique : les OUI Québec ont ouvert un premier café indépendantiste sur la Plaza Saint-Hubert, dans le but de rapprocher la question nationale des citoyens ordinaires, loin des tribunes officielles. Un deuxième café, ailleurs au Québec, est actuellement dans leurs démarches pour la prochaine année, une façon de déployer ce modèle de proximité citoyenne à l'échelle du territoire.

Cinq ans de repolitisation de la Fête nationale

L'histoire des OUI Québec et de leur St-Jean, c'est celle d'une organisation qui a décidé de ne pas attendre. Pas après les partis. Pas après les élections. En 2021, il y avait à peine une poignée de jeunes qui se disaient ouvertement indépendantistes dans les espaces publics. Cinq ans plus tard, 5 000 personnes, dont une majorité écrasante de jeunes entre 16 et 25 ans, envahissent le parc La Fontaine un soir de juin pour célébrer le Québec qu'ils veulent bâtir.

La thématique de cette cinquième édition dit tout de l'état d'esprit du mouvement : « Québec, pays des possibles ». Une jeunesse qui regarde le Québec et qui n'y voit plus les mêmes plafonds que ceux qu'on lui a appris à respecter. Une jeunesse qui fait la fête nationale à sa façon : décomplexée, indépendantiste, ouverte.

Ce n'est pas un hasard. C'est le résultat d'un travail acharné, citoyen, culturel, porté par une conviction que Sonalie Hénault, coordonnatrice de l'événement et agente de spectacle de 25 ans, résume ainsi : « Ça fait cinq ans qu'on organise cet événement parce qu'on croit en cette nouvelle génération, qui voit maintenant des possibles là où on lui a longtemps dit qu'il n'y en avait pas. Des possibles culturels, collectifs, et le plus grand de tous : celui d'un pays. Cette année plus que jamais, on ressent un véritable renouveau sur le terrain. »

La relève sur scène

Thierry Larose, figure marquante de la nouvelle chanson québécoise, révélé notamment lors de la tournée Le Roy, la Rose et le Lou[p] aux côtés de Lou-Adriane Cassidy et d'Ariane Roy, insuffle une véritable vague de fierté dans la chanson québécoise. Pour lui, l'invitation des OUI Québec résonne au-delà de la scène : « J'ai été touché par la ferveur des gens présents l'été dernier. Cette énergie me rejoint beaucoup et me donne foi en un avenir où l'on tient vraiment à se connaître et à se comprendre au Québec. »

À ses côtés, Bon Enfant apportera son rock psychédélique, Brown Family son hip-hop teinté de reggae québécois, et Thalia Rosaura son hyperpop aux influences québécoises et colombiennes. Autant d'univers qui repoussent les bords de ce que la culture d'ici peut être, et qui prouvent, s'il le fallait encore, que l'identité québécoise n'est pas un héritage figé, mais un chantier vivant.

La St-Jean des OUI Québec aura lieu le 23 juin au parc La Fontaine, de 17h à 23h.