Le 3 juin dernier, une soixantaine d'ex-travailleurs d'Alcan participaient à une marche commémorant le cinquantième anniversaire du lock-out de plus de cinq mois décrété par Alcan. Ce conflit est emblématique de l’atmosphère des années 70.

Les années 70 ont été tumultueuses dans les usines Alcan. D'un côté, Alcan était en mode réaction, allant même jusqu’à contester la juridiction du Tribunal québécois du travail en judiciarisant les problèmes de relation de travail.

D'un autre côté, les travailleurs étaient constitués en bonne partie de baby-boomers plutôt allergiques à l’autoritarisme brutal. Le contexte mondial était également explosif avec les deux chocs pétroliers, l’hyper inflation et la loi anti-inflation du gouvernement Trudeau contrôlant les salaires.

Le feu couvait depuis le début des années 70 alors que les arrêts de travail illégaux se multipliaient. Alcan avait préparé son coup de longue date en stockant du métal. Il n’y avait pas de loi anti-scab et Alcan était même allé jusqu’à engager des lutteurs pour faciliter l’entrée de ce qu’il appelait ses cadres.

La SQ a été omniprésente tout le long du lock-out, mais le paroxysme a été atteint le 14 octobre alors qu’un hélicoptère de la SQ a fait pleuvoir des bombes lacrymogènes sur les manifestants et que les policiers anti-émeutes ont chargé.

La sauvagerie de l’intervention a définitivement fait basculer l’opinion publique du côté des travailleurs. Un mois plus tard, une convention collective était signée. Les travailleurs restaient sur leur faim, mais rentraient la tête haute pavant la voie à un remake trois ans plus tard dans le cadre d’une grève cette fois-ci choisie par les travailleurs. Le 15 novembre, le PQ était élu et la loi anti-scab votée.

Sur la vidéo qui suit, l’allocution de l’organisateur de la manif Mishell Potvin.

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