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Selon le Journal de Montréal, le « chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, compte mettre de l’avant sa personnalité pour obtenir l’appui de l’électorat québécois lors de la campagne électorale ». L’article se centre d’ailleurs sur la personne elle-même du candidat. Si on y rappelle son CV comme dans tous les articles qu’on lit à son sujet (pharmacien, homme d’affaires…), on apprend qu’il a une très belle personnalité : il est positif, patient, il écoute et il est très agréable.

La démocratie correspond à l’idée que le pouvoir appartient à la population. C’est pour cela qu’existent des partis politiques. Chacun d’entre eux offre un ensemble d’idées et la population choisit alors celles correspondant le mieux à ce qu’elle veut. Cette façon de fonctionner devient la norme au 19e siècle : on est alors censé non pas voter pour la personnalité, la richesse ou le CV de la personne candidate, mais pour les idées contenues dans son programme.

Baser une campagne électorale sur la personnalité plutôt que sur les idées est donc contraire à la démocratie. Il s’agit néanmoins d’un phénomène fréquent, qu’on observe aux États-Unis notamment. Dans les écrits sur le sujet, on distingue cinq types de personnalité : l’extraversion (facilité à entrer en contact avec les autres), l’agréabilité, la conscienciosité (fiabilité), la stabilité émotionnelle, l’ouverture à l’expérience. Ce que semble vouloir utiliser monsieur Milliard, c’est l’agréabilité (il est souriant, empathique, bref est agréable).

En campagne électorale, la personnalité du candidat n’aurait pas tant un effet direct qu’un effet indirect. Aux États-Unis, l’agréabilité inciterait par exemple plus à voter démocrate, la conscienciosité à voter républicain. Dans le cas de monsieur Milliard, on peut penser qu’en se présentant comme un homme agréable, pacifique, jamais polarisant, toujours prêt à collaborer, il incitera à voter pour un parti fédéraliste, le seul des partis en lice s'identifiant clairement comme tel. C’est en effet une constante dans le discours fédéraliste de dire que « nous autres, on n’aime pas la chicane ».

Référence : Thomas Bergeron. Personnalité et politique : comment les traits de personnalité influencent la citoyenneté. Mémoire de maîtrise (2020). Université de Montréal.