Temps de lecture estimé: 2 min 15 s
Dans une entrevue accordée à Azeb Wolde-Giorghis au Téléjournal du 24 août, le ministre Dominic LeBlanc, responsable des négociations avec l’administration Trump, a contredit le premier ministre Mark Carney sur un des motifs de l’échec des négociations avec les États-Unis.
Dans son allocution du samedi 22 août, Carney a déclaré qu’un des trois motifs était de nature linguistique et culturelle. Il a mentionné la non-reconnaissance de la découvrabilité sur les plateformes des géants du Web et l’élimination de l’étiquetage bilingue sur les produits américains distribués au Québec.
LeBlanc a confirmé le motif de la découvrabilité, ce qui ne constitue pas une surprise, compte tenu de l’attitude servile de l’administration Trump à l’égard des géants du Web.
Cependant, LeBlanc y est allé d’une séance de patinage artistique à propos de l’étiquetage en disant que cela avait toujours été un « irritant » pour les différentes administrations américaines, mais en se gardant bien d’affirmer que c’était une demande précise lors des présentes négos. Il confirmait ainsi les propos du négociateur américain Jamieson Greer.
Bien entendu, Azeb Wolde-Giorghis, qui affichait une belle complicité avec le ministre, a poliment évité de le contredire. Avis à ceux qui croyaient que sa présence au Téléjournal allait apporter un souffle nouveau…
La gestion de l’offre
Au cours de la même entrevue, le ministre LeBlanc a admis que son gouvernement était prêt à brader la gestion de l’offre au cours de ces négos. Bien entendu, on ne touchait pas au principe de la gestion de l’offre, mais on procédait à des « changements administratifs ».
Des « changements administratifs », dont on sait qu’ils allaient permettre aux fromages et autres produits laitiers américains de se retrouver sur les tablettes des détaillants avec des prix « défiant toute concurrence » pour écouler les surplus américains, pratique connue sous le nom de « dumping ».
La « stratégie du choc » (The Shock Doctrine)
En faisant dérailler, à la onzième heure, les pourparlers, l’administration rendait un fier service à Mark Carney et Christine Fréchette. Les deux auraient été dans l’eau bouillante. Carney devant justifier ses concessions, dont celle sur la gestion de l’offre, et Fréchette dans l’obligation de remettre les alcools sur les tablettes malgré ces concessions.
Carney, fort d’une popularité de 85% au Québec, a évité une défaite certaine dans la partielle au Saguenay et Fréchette flotte sur un nuage à la veille du déclenchement de la campagne électorale.
De plus, Carney va tirer profit de la « stratégie du choc » (The Shock Doctrine) pour relancer ses grands projets centralisateurs et, qui sait? Déclencher une élection générale pour obtenir un « mandat clair » pour s’opposer à Trump.
Alors, qu’est-ce qu’on dit à Monsieur Trump? Un gros merci.

