Temps de lecture estimé : 2 min 33 s
Comme beaucoup de Québécois, je confesse ne pas écouter beaucoup de musique francophone. Une étude de l’Institut de la statistique du Québec publiée plus tôt ce mois-ci révélait qu’au Québec en 2025, « [l]a langue des pistes écoutées est principalement l’anglais (83,2 %), suivi du français (9,8 %) et de la catégorie "autre langue ou sans paroles" (7,1 %) ». Bien que ce pourcentage ait légèrement augmenté depuis 2024, le chiffre reste extrêmement bas.
Personnellement, ce n’est pas nécessairement par manque d’intérêt, mais plutôt parce que beaucoup d’artistes qui sauraient m’intéresser manquent de visibilité, surtout lorsqu’ils appartiennent à des genres musicaux alternatifs, comme le métal, le punk ou le hardcore.
C’est pourquoi, lorsque le mélomane fait une découverte fortuite d’un artiste francophone qui lui plaît, comme un chat qui vole un morceau de salami, il se doit d’y planter les crocs et de ne plus lâcher prise.
J’ai eu la chance de voir en concert, le 14 août dernier, le groupe Les Chatons au Piranha Bar. Ils y célébraient la sortie de leur premier album, Miaou Métal. Revêtus de leurs oreilles de chats et de leur petite cape, j’ai été enchanté par leur présence sur scène. J’ai par la suite réécouté à quelques reprises leurs chansons, heureux de pouvoir explorer leurs subtilités.
Les Chatons sont composés de Guillaume « Loko » Lessard, Pascal « Floppy » Desroches, Julian « Toto » Jodoin et Hugo « Chipitt » Delarosbil. Le quatuor a fondé le groupe en 2016 alors qu’il étudiait en musique au cégep Marie-Victorin. Leur album est le fruit de sept années intermittentes de travail et le résultat est un projet haut en couleur et humoristique, mais qui ne lésine pas sur l’expertise technique.
C’est un mélange intéressant. D’un côté, on a des textes plus légers et loufoques, comme une ode à la poutine ou encore l’épopée d’un pauvre gars qui cherche un endroit où se soulager après une nuit de beuverie (pour au final pisser sur une statue de Duplessis et se faire arrêter). De l’autre côté, on a des riffs complexes et l’impressionnante gamme vocale de Guillaume Lessard, qui alterne entre les notes hautes et les cris gutturaux. Il avait d’ailleurs été candidat pour La Voix en 2024.
Leur musique comporte un registre d’influences variées et se promène entre le métal progressif, le nu métal et les bons vieux solos de guitare qui rappellent les années 70-80. En écoutant, je ne peux m’empêcher de déceler des sources d’inspiration de nombreux autres artistes, comme Avenged Sevenfold, Metallica et Limp Bizkit, ce dernier, surtout dans la chanson « Coupon King ».
Je me dois aussi de mentionner leur excellente reprise de « Mentir » de Marie-Mai, qui viendra titiller une certaine nostalgie des années 2000 pour certains. Je n’avais personnellement pas écouté cette chanson depuis mes neuf ans.
Bref, Miaou Métal est rafraîchissant, réfléchi et original. J’applaudis le groupe pour son projet et aussi pour le choix audacieux d’écrire ses textes en français.
La musique des Chatons peut être écoutée sur toutes les plateformes de diffusion les plus populaires.

