Temps de lecture estimé : 1 min 37 s
Un moment donné, trop c’est trop. Le verre est en train de déborder. Doug Ford, qui nous fait un spectacle médiatique avec une affiche bilingue « Lac Ontario pour toujours », Carney qui est invité à s'adresser à l’Union européenne comme le leader de l'internationale anti-Trump. On croit rêver.
Est-ce qu'on parle du même Carney qui a passé la loi C-5 court-circuitant les lois environnementales et lui permettant de mettre en branle 27 « grands projets prioritaires », des projets comme l'oléoduc dans l’ouest ou encore l’agrandissement du port de Montréal à Contrecœur, des projets dont la viabilité économique est tellement incertaine que le privé ne s’en approche qu’avec une perche de 10 pieds? Des projets dans la droite ligne de Trump « drill, baby, drill ».
Le fédéral défenseur du français? Une semaine avant, on apprenait que les postes « français essentiel » dans la fonction publique fédérale avaient chuté de 12,6 à 3,1% en 51 ans. C’est le dernier exemple en date, mais le procès du fédéral en cette matière n’est plus à faire, parlez-en aux minorités francophones qui n’en finissent plus d’agoniser ou encore pensez au charcutage de la loi 101.
Et voir Doug Ford exhiber une grosse affiche bilingue? Parler d’instrumentalisation est un euphémisme. Vaudrait mieux parler de grossière manipulation. On fait rire de nous.
C’est cette mascarade qui redonne à la « cocue contente » en chef Christine Fréchette une résurrection dans les sondages. Et les médias d’entonner en cœur « Tou(te)s derrière Carney ». Et les partis d’opposition de faire de la diversion.
À quelques semaines des élections, le spectre de la réélection d’un gouvernement caquiste apparaît à l’horizon. Il est peut-être le temps de passer à l’offensive, de sortir les trompettes et de sonner le réveil, sans quoi le peuple québécois se réveillera le 6 octobre «cocu content» avec un gouvernement trumpiste sans le dire. Il faut une réaction à la mesure de la manipulation grotesque à laquelle nous faisons face.

