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L’auteur est syndicaliste

Les élections au Québec sont officiellement déclenchées et nous avons cinq partis politiques avec de réelles chances de faire élire des députés à l’Assemblée nationale.

La CAQ

Pour effacer son bilan des huit dernières années, la CAQ a non seulement changé de chef, mais également de nom. Le mot CAQ a disparu des affiches et des communications électorales, remplacé par L’équipe Christine Fréchette.

« Papa » Legault a créé et géré la CAQ comme une entreprise. Il a également géré l’État québécois comme une entreprise avec comme résultat le fiasco que l’on connaît.

Maintenant, la CAQ revampe son image comme une entreprise détentrice de mauvaises créances. On repart sous un autre nom en espérant faire oublier le passé.

Le Parti québécois

Depuis plusieurs mois, les choses se déroulaient rondement pour le PQ. Mais PSPP a dû repousser, avant même le déclenchement de la campagne électorale, la tenue de son référendum afin de contrer la campagne de peur des autres partis, qui brandissaient la menace de Trump.

Qu’à ça ne tienne, la CAQ a exploité ce mélodrame en nous faisant revivre le film de la dernière campagne fédérale, alors que M. Carney s’est présenté comme le sauveur face à la menace Trump.

Christine Fréchette enfile les mêmes habits. Dès le premier jour de la campagne, elle a présenté Trump comme son réel ennemi. Cette technique a malheureusement fonctionné. La peur du chaos avantage habituellement le parti au pouvoir et c’est ce qui s’est produit.

PSPP devra donc convaincre une majorité de Québécoises et de Québécois que son programme est valable et qu’il est la meilleure personne pour représenter le Québec face au Canada dans la guerre tarifaire avec les États-Unis.

Le Parti libéral

Charles Milliard aura fort à faire pour que son parti constitue une alternative valable pour le Québec. M. Milliard est devenu le spécialiste des phrases creuses, qui ne veulent rien dire : « Je suis fédéraliste, nationaliste et régionaliste »; « Je suis là pour ceux qui restent ou qui reviennent dans leur région », et avec son slogan « Rassembler, Réparer, Bâtir ».

Le chef du Parti libéral se veut tellement « rassembleur » et n’oublier personne qu’il est incolore, inodore et sans saveur, comme les sondages le démontrent bien.

Québec solidaire

Ruba Ghazal et son parti font campagne à travers le Québec en se présentant comme un parti qui aspire à gouverner, alors que tout le monde sait – y comprit eux-mêmes – que ça n’arrivera pas.

En fait, la seule chose qu’ils peuvent espérer, c’est de faire élire quelques députés et espérer que ça ira mieux lors de la prochaine élection. Ils risquent de se retrouver dans la même situation que le PQ au lendemain de la dernière élection générale. Je leur souhaite de se souvenir de toute la condescendance qu’ils ont eue envers le PQ et que ça leur donne une petite leçon d’humilité.

Le Parti conservateur

Éric Duhaime et le Parti conservateur sont, quant à moi, la plus belle fumisterie de cette campagne électorale. En 2022, M. Duhaime a fédéré les anti-vaccins et a mené une campagne à la grandeur du Québec avec les résultats que l’on connaît.

En 2026, M. Duhaime nous présente le PCQ comme un parti qui s’est professionnalisé, c’est-à-dire qu’on a tenté d’éloigner les hurluberlus et de fédérer les anciens adéquistes de Mario Dumont, qui ont quitté la CAQ, principalement à cause de la saga du 3e lien.

Le PCQ fait siennes les mêmes vieilles propositions, qui étaient la marque de commerce de l’ADQ : diminuer les impôts, réduire la taille de l’État, couper dans ce qu’ils considèrent le « gras » de l’appareil gouvernemental, présenter le privé comme la solution à tous les problèmes, se présenter comme le défenseur des pauvres payeurs de taxes contre la méchante bureaucratie étatique.

Tout cela en lançant des chiffres et des phrases toutes faites avec, comme seul fondement, une vieille idéologie de droite, qui date de la fin des années 80.

Nous avons déjà joué dans ce film. Malheureusement, il semble que plusieurs personnes l’ont oublié.

La privatisation du système de santé

M. Duhaime peut, s’il le désire, se faire l’apôtre de l’idéologie de droite, mais il devrait le faire en toute honnêteté. La privatisation du système de santé, comme il le propose, est une vieille idée qui porte à conséquence sur le système public et universel.

Il ne suffit pas de dire que les personnes auront le choix d’aller au public ou au privé pour se faire soigner et de ne pas s’inquiéter parce que le système public va ramasser la facture.

Cette vieille idée a été étudiée sur toutes ses coutures. Il faut avoir l’honnêteté de dire que, dans les conditions actuelles de notre système de santé, cela se traduirait, entre autres, par un important transfert de main-d’œuvre du public vers le privé.

Tout le monde sait qu’un des problèmes du système de santé est le manque de main-d’œuvre. C’est d’ailleurs une des raisons qui expliquent que certains chirurgiens ne peuvent pas pratiquer autant d’opérations qu’ils le voudraient.

De plus, payer avec notre carte soleil les actes médicaux au privé enlèverait de l’argent au système public pour le transférer au secteur privé. Duhaime propose tout simplement de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

Selon le PCQ, le recours au privé se traduirait par des économies, grâce à la sacro-sainte compétition entre les cliniques privées et le système public. Encore une fois, des études démontrent qu’il en coûte souvent plus cher au privé qu’au public.

Le PCQ d’Éric Duhaime propose des solutions simplistes à des problèmes complexes. C’est la bonne vieille recette de la droite, qui consiste à avoir des solutions faciles pour tout, en tournant les coins ronds et en utilisant des raccourcis intellectuels à profusion, qu’ils présentent souvent comme étant du « gros bon sens »!

Pour ajouter à la fumisterie, il présente toutes ses promesses électorales en disant qu’un gouvernement conservateur fera ceci, fera cela, coupera ceci, donnera cela, tout en promettant mers et mondes en sachant très bien qu’il ne formera pas le gouvernement.

Vous me direz qu’il en est de même pour QS. La différence est que QS fait au moins l’effort de faire campagne à la grandeur du Québec, ce qui n’est pas du tout le cas pour Éric Duhaime.

De son propre aveu, il a décidé de concentrer sa campagne dans la région de Québec, là où il a des chances réelles de faire élire des candidats. Son objectif est d’au moins 12 députés, afin d’être reconnu comme parti officiel à l’Assemblée nationale.

Les médias traditionnels ne le mentionnent pas. Ils présentent le PCQ comme un parti qui aspire à gouverner. Je crois qu’une réflexion s’impose de la part de nos « bons » médias sur leurs pratiques.

Le PCQ a choisi comme slogan « Oser pour vrai ». Ce devrait plutôt être : « Du n’importe quoi pour vrai. »