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Dimanche, le 27 septembre. Au bulletin de Radio-Canada, on présente les promesses chiffrées du PQ et des libéraux en matière de production audiovisuelle. La CAQ donne elle aussi dans la culture. Le chef conservateur a droit à son tour. Mais quand arrive Québec Solidaire, une seule phrase : « Ruba Ghazal n’a rien annoncé aujourd’hui. »

Verdict : si vous voulez être cité aux nouvelles, il faut promettre. N’importe quoi, mais chaque jour. La campagne en aura duré 39. Soustrayons les pauses pour la préparation des trois grands débats et la veille du vote. Il faut livrer quelque 35 promesses pour nourrir la bête médiatique.

Le contenu n’a pas d’importance. Parce que les plateformes des partis se ressemblent souvent, que les millions annoncés hors contexte donnent le vertige pour le citoyen lambda peu apte à juger des postes budgétaires en cause, que les électeurs sont de toute façon sceptiques devant ces promesses jamais tenues… et qu’en bout de course, sous ce déluge de nananes, la mémoire ne retiendra que les grandes lignes.

Et encore! Ces grandes lignes, on les perd souvent, lessivées par ces promesses à hue et à dia.

Le résultat, c’est qu’autour de moi, presque tous les commentaires recueillis font état d’une campagne plate ! Serrée, certes, et peut-être intéressante pour qui suit la joute électorale comme un match de hockey, et commente les bons et les mauvais coups des vedettes. Mais une campagne sans vision.

Dans quel genre de société voulons-nous vivre? Quels acquis sociaux devons-nous protéger? Quels principes doivent inspirer ceux qui cherchent à nous représenter? Autant de questions aux abonnés absents.

Depuis quelques mois, Ottawa s’en prend aux contraintes environnementales que nous avons mises en place, depuis quelques décennies. Mais l’environnement a à peine été abordé par les cinq chefs. Trop difficile à résumer par une promesse de millions!

Quasi silence aussi sur notre culture, bousculée par les plateformes américaines qui nous envahissent sans donner en retour.

Silence sur l’intelligence artificielle, dont quelques alarmistes prédisent qu’elle s’échappera bientôt de notre contrôle jusqu’à devenir une menace. Une menace lointaine, peut-être, mais j’aurais aimé que nos élus commencent à y réfléchir. Et qu’ils envisagent surtout l’impact des pertes massives d’emplois, quand les machines accompliront, mieux que nous parfois, toutes les tâches qu’on alloue aux humains.

Silence tout aussi honteux sur la dérive militariste de tout l’Occident, justifiée, disent-ils, par les initiatives belliqueuses de Poutine et de Trump. Mais est-ce vraiment là que les électeurs québécois souhaitent que nous placions nos efforts, plutôt que dans le maintien d’une société juste et égalitaire?

Idem pour les questions autochtones : les représentants des Premières Nations ont eu raison de venir manifester à Québec la dernière semaine, parce que la campagne en cours ne leur présente rien. Et qui a réfléchi sur les moyens à mettre en place pour favoriser l’accueil des immigrants et leur intégration respectueuse dans le monde du travail, au-delà du débat sur les seuils?

Je pourrais poursuivre cette liste. Mais je me dis que la couverture médiatique trop centrée sur les promesses, pas assez sur les visions, est peut-être responsable de cette totale absence du panorama auquel les partis politiques auraient dû nous convier.