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L’auteur est constitutionnaliste.
7 Québécois sur 10 ne veulent pas de référendum. 7 Québécois sur 10, dont 8 sur 10 francophones, veulent l'abolition de la monarchie.
Le Canada est devenu souverain il y a exactement cent ans, en 1926, dans une élection référendaire sur le contrôle de la monarchie au Canada par le gouvernement canadien plutôt que par le gouvernement britannique.
Quelques mois plus tard, ce dernier reconnaissait la souveraineté du Canada parce que, dans notre système constitutionnel, la monarchie EST la souveraineté. Le Parlement britannique a confirmé la souveraineté canadienne dans une loi cinq ans plus tard.
Le Canada est devenu souverain sans référendum en s'attaquant à la monarchie. Le Québec peut en faire autant.
Charles Milliard vient d'annoncer qu'il prêtera serment au peuple québécois et non au roi. Au moins 100 députés sur 127 en feront autant, ce qui sera une première et une immense victoire politique pour PSPP dès le départ, car c'est lui qui a forcé la CAQ à abolir le serment obligatoire au roi. Cela lui donnera les moyens politiques d’aller plus loin.
Bien sûr que les juristes conventionnels vont dire que l'abolition unilatérale de la monarchie est inconstitutionnelle. C'est parce qu'ils se réfèrent à une constitution imposée au Québec. Pour moi, cette question est politique et non juridique. Elle ne peut être tranchée que par le peuple québécois. Le gouvernement fédéral ne se battra pas pour la monarchie si impopulaire au Québec et de plus en plus au Canada.
J'ajoute que la menace à l'État de droit se limite à l'État de droit canadien, qui est en décomposition sur la monarchie. Il sera remplacé par un État de droit québécois émergent. Nous entrons dans une période intermédiaire de concurrence entre ces états de droit que le peuple québécois sera appelé à résoudre.

