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L'aut'journal

443 - Le Québec au menu

ICE est l'équivalent des chemises brunes

L'histoire se répète

Par André Fleury

2026/01/20

Ce qui se passe aux États-Unis ressemble de plus en plus à la montée du nazisme en Allemagne dans les années 30. Le traité qui a mis fin à la Première Guerre mondiale était très injuste pour les Allemands. La frustration était telle, que ceux-ci auraient bien pu porter une casquette avec le slogan « Make Germany Great Again ». Alors, il s’est présenté un dirigeant politique qui a su l’exploiter.

Son équivalent aux États-Unis met ses pions en place. Ce ne sont plus les juifs qui sont les responsables de tous les maux du peuple, mais les immigrants traités de bandits, de violeurs, de voleurs de jobs, etc. Il en convainc une partie de la population et même des immigrés déjà bien intégrés. Pour faire le travail d’expulsion, il crée ICE, l’équivalent des chemises brunes du parti national-socialiste allemand. Cela devient sa milice personnelle formée et équipée aux frais de l’État.

Ses membres sont recrutés par milliers, principalement parmi les jeunes Américains de droite, Proud Boys, Ku Klux Klan, etc. Suite au meurtre de Renée Nicole Good, ils ont compris qu’ils pouvaient, eux aussi, profiter de l’immunité et avaient carte blanche pour faire leur sale boulot. Par la suite, ils pourront s’attaquer aux autres ennemis de la classe privilégiée : les partis politiques (très silencieux), les syndicats (ce qu’il en reste), les groupes populaires, tous traités de communistes.

Inévitablement, les heurts vont se multiplier. Les forces de l’ordre et même l’armée seront appelées à intervenir. Le président a déjà pris la précaution de rencontrer les généraux pour leur faire comprendre qu’ils avaient intérêt à obéir aux ordres sans se poser de questions. Plusieurs Américains sont tétanisés par la peur. Des journaux et des universités s’autocensurent. Des chercheurs, des professeurs d’université quittent le pays. Des livres sont retirés des bibliothèques ou brûlés au lance-flamme, rappelant les autodafés de livres en Allemagne en 1933.

Tout se met en place pour créer les conditions pour décréter la loi sur l’insurrection qui justifierait le report des élections de mi-mandat et même des élections présidentielles. Quoi qu’il en soit, l’actuel président, qui gouverne par décrets sans la contribution des chambres, ne reconnaîtrait pas le résultat de ces élections et lancerait au besoin sa milice à l’assaut du Capitol. Cette action se révélerait encore plus efficace que la dernière fois, alors qu’elle avait été réalisée par de « braves patriotes américains ».

Face à ce spectacle désolant, le monde libre est sidéré. L’histoire se répète, mais on préfère regarder les évènements par petites séquences, le nez collé sur la vitre. Cette même pudeur, qui a ralenti la reconnaissance d’un féminicide à Polytechnique, d’un génocide à Gaza, nous empêche de voir avec lucidité et dans son intégralité ce qui se passe chez nos voisins du sud.